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Mario Draghi , le président de la Banque Centrale Européenne à Francfort.

La BCE et sa politique monétaire accommodante

3 min
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La Banque centrale européenne s'apprête à prolonger jeudi son programme controversé de rachat massif de dettes afin de marquer son soutien à une économie européenne inquiète pour l'avenir. Une politique monétaire trop accommodante ? Par Annabelle Grelier.

Mario Draghi , le président de la Banque Centrale Européenne à Francfort.
Mario Draghi , le président de la Banque Centrale Européenne à Francfort. Crédits : Emmanuel Dunand - AFP

Selon la plupart des économistes, le conseil des gouverneurs de l'institution de Francfort va annoncer une extension jusqu'à septembre 2017 de ses vastes rachats de dettes publiques et privées, actuellement fixés à 80 milliards d'euros par mois et prévus pour prendre fin en mars 2017. Ces injections massives d'argent dans l'économie, mesures exceptionnelles mises en place par la BCE, visent à stimuler la croissance. Les taux d'intérêt, déjà à leur plus bas niveau historique, devraient de leur côté rester inchangés.

Elle devrait justifier cette décision par une inflation toujours très basse, à 0,6% en novembre, éloignée de son objectif d'un taux légèrement inférieur à 2%. Les nouvelles prévisions trimestrielles de ses économistes, qui seront annoncées jeudi, devraient confirmer un retour lent - vers fin 2018- de l'inflation au niveau voulu.

Une décision politique ?

Le BCE a aussi en tête les risques géopolitiques, qui pourraient mettre des bâtons dans les roues à une croissance européenne en voie de reprise.

Les événements récents montrent qu'ils sont devenus "la source d'incertitudes majeure pour les mois à venir", avait déclaré Mario Draghi lors d'une audition fin novembre devant le Parlement européen à Bruxelles, en référence au Brexit et à l'élection de Donald Trump, apôtre du protectionnisme. Les impacts économiques de la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne et de l'arrivée de Trump à la Maison Blanche restent encore incertains. Les remous politiques en Italie, où le Premier ministre Matteo Renzi a dû démissionner après l'échec de son référendum constitutionnel dimanche, ne sont pas non plus pour rassurer, alors que le pays est confronté à une grave crise bancaire. Et plus globalement la progression du populisme en Europe inquiète avant une série de scrutins majeurs l'an prochain, aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne.

Sous les critiques de l'Allemagne

Ces taux d'intérêt très bas ne plaisent pas à tout le monde et surtout pas aux Allemands car cette politique a un revers: elle rend la rémunération de l'épargne de moins en moins attractive. Or, en Allemagne, épargner est une nécessité qui s'est renforcée ces dernières années pour financer les retraites et faire face au vieillissement de la population....L'Allemagne a un régime mixte , à la fois répartition et capitalisation et la perte de rendement fait mécaniquement plonger les caisses de retraite et les épargnants en général , depuis 2012 l'e rendement de l'épargne la plus classique comme le livret A en France a été divisé par deux.

L'intervention de Mario Draghi est vivement critiquée par le patron de la Bundesbank, qui est membre également du conseil des gouverneurs de la BCE. Il souhaite un arrêt le plus tôt possible de ce programme, qu'il accuse de provoquer un relâchement des réformes et de la discipline budgétaire dans certains pays. Ce sont les pays du sud qui sont visés , l'Espagne l'Italie et même la France...avec des taux d'intérêt très bas, les états peuvent se financer à pas cher. En France , par exemple grâce à la politique de la BCE , la charge de la dette c'est à dire les intérêts versés chaque année par l' état à ses créanciers a fondu d'environ 10 milliards d'euros en 4 ans. La baisse des taux a donc un effet très positif sur les déficits budgétaires des états , une bouffée d'oxygène qui ne les incitent pas à mener des réformes estime l'Allemagne.

La politique de la BCE reste exceptionnelle , elle ne pourra pas durer toujours et d'ailleurs ce n'est pas souhaitable à long terme d'inonder l'Europe d'argent bon marché car si cela profite aux états, cela profite aussi aux grandes entreprises qui souvent au lieu d'investir , de développer ou d'embaucher en profitent bien souvent pour financer leurs opérations de fusion acquisition et financer également leur rachats d'actions. Pour l'instant cette politique profite aux états, à l'immobilier , aux gros emprunteurs et aussi aux ménages qui peuvent renégocier leurs prêts bancaires. La croissance se fait elle toujours attendre , et le taux d'inflation de 2% n'est toujours pas atteint.

A. Grelier

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