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Débrayage du personnel soignant au CHU Nord de Saint-Etienne pour dénoncer les conditions de restructuration de l’hôpital public, 15 mai 2020.

Plan pour l'hôpital : trouver l'argent magique

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L’hôpital attend désormais le plan promis pour l’été par le ministre de la Santé Olivier Véran. Il y aura des revalorisations de salaires mais aussi un assouplissement des 35 heures. Ce dernier point génère quelques inquiétudes.

Débrayage du personnel soignant au CHU Nord de Saint-Etienne pour dénoncer les conditions de restructuration de l’hôpital public, 15 mai 2020.
Débrayage du personnel soignant au CHU Nord de Saint-Etienne pour dénoncer les conditions de restructuration de l’hôpital public, 15 mai 2020. Crédits : Rémy Perrin - Maxppp

Un nouveau plan pour l'hôpital sera détaillé cet été, avec à la clé des revalorisations de salaires. C'est l'engagement pris par le ministre de la santé Olivier Véran dans les colonnes du Journal du dimanche. Enfin, crie le monde hospitalier, qui réclame des moyens plutôt que des médailles, des perspectives plutôt que des dons de RTT. 

Certes, l’urgence était aussi d’aider les entreprises : chômage partiel, aides aux TPE, prêts garantis par l’Etat… 110 Milliards d’euros ont été dégagés. Et ce n’est pas fini, puisqu'il faudra aussi financer le plan de relance. 

Mais pour l’hôpital, il y a eu sans doute un retard à l’allumage et des annonces mal comprises, comme ces primes différenciées selon les établissements. 

Alors pour l’instant, le gouvernement n’annonce pas le montant de l’enveloppe. Mais on connait les grands axes de ce futur plan : des revalorisations de salaires, une réflexion sur les 35 heures pour permettre à ceux qui le souhaitent de travailler plus et un plan d’investissement. 

Un énième plan ? 

Bien sûr, le gouvernement ne découvre pas le problème de l’hôpital. Un plan avait d’ailleurs déjà été annoncé le 20 novembre dernier, après huit mois de grève qui avait démarrée dans les services des urgences, avant de gagner l’ensemble du monde hospitalier.

Le Premier ministre et la ministre de la Santé de l’époque Agnès Buzyn avaient alors annoncé des primes, une rallonge budgétaire et une reprise partielle de la dette des hôpitaux. Un "plan d’urgence" qui n’avait à l’époque pas vraiment convaincu. 

Les principales annonces du plan hôpital annoncées le 20 novembre 2019
Les principales annonces du plan hôpital annoncées le 20 novembre 2019 Crédits : Visactu

Il succédait à la présentation d’une stratégie nationale, baptisée « ma santé 2022 ». 

La pandémie de Covid-19 est arrivée  et a remis sur le devant de la scène les problèmes criants de l’hôpital, toujours pas résolus.

Emmanuel Macron a d’ailleurs été contraint de faire son mea culpa vendredi dernier lors d’une visite à la Pitié Salpêtrière à Paris, reconnaissant que ces plans étaient sous-dimensionnés. Cette reprise de dette, "ça ne parle à personne, ce n’est sans doute pas une bonne idée, donc il faut oublier ce truc et réinvestir différemment" a-t-il notamment reconnu. 

Maintenant il va falloir entrer dans le concret. Des négociations vont s'ouvrir lundi prochain avec les partenaires sociaux. 

La question des 35 heures 

Déverrouiller le cadre des 35 heures, c’est permettre aux soignants de gagner mieux leur vie. Voilà le raisonnement du gouvernement, qui rappelle le "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy. Dans les colonnes du JDD, Olivier Véran explique ainsi que des infirmières font des heures supplémentaires illégalement dans d’autres établissements pour arrondir leurs fins de mois. L’idée c’est donc de créer un cadre plus souple, afin de permettre des dépassements d’heures rémunérés.

Ce sujet des 35 heures à l’hôpital est un serpent de mer. Mais il avait été abordé, jusque-là, sous l’angle de la désorganisation des services. A l’AP-HP, la remise à plat des accords de 2002, a déclenché plusieurs mouvements de grève il y a 5 ans. Avec à la clé une réorganisation du temps de travail et une réduction des jours de RTT. 

Cette fois ci la problématique est donc posée différemment. Mais attention à ne pas faire de ce sujet le principal levier pour revaloriser les salaires, mettent en garde les acteurs du système hospitalier.

Alors Olivier Véran l’a promis : il y aura aussi des augmentations de salaires, au-delà des primes déjà annoncées.  Il y a deux ans, Emmanuel Macron avait pourtant affirmé qu’il n’y avait "pas d’argent magique" pour l’hôpital. Une déclaration qui lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine haddock. 

Y aurait -t-il finalement de l’argent magique, demande le JDD au ministre de la santé ? Réponse d’Olivier Véran : oui il faudra de "l’argent nouveau" … mais non il n’y a "pas d’argent magique, il faudra donc faire des choix".

Alors que le déficit de la Sécurité sociale va dépasser les 41 milliards d’euros, et encore ce ne sont que des chiffres provisoires, le ministre prévient donc déjà : les vannes ne seront pas grandes ouvertes. Passer après le plan d’urgence économique de 110 milliards d’euros ne facilite pas la donne. ... 

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