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Le plan de sortie de crise du collectif "plus jamais ça" comporte 34 propositions pour réclamer des alternatives au capitalisme néo libéral

Que deviennent les tribunes et pétitions après le confinement ?

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Politiques, patrons, syndicats, ONG, tous ont leur idée sur la crise. Ils ont écrit des tribunes, lancé des pétitions pendant le confinement. Après la période de réflexion vient le moment des actions. Le printemps voit fleurir les plans de sortie de crise pour dessiner le jour d'après.

Le plan de sortie de crise du collectif "plus jamais ça" comporte 34 propositions pour réclamer des alternatives au capitalisme néo libéral
Le plan de sortie de crise du collectif "plus jamais ça" comporte 34 propositions pour réclamer des alternatives au capitalisme néo libéral Crédits : Yasuhito Shigaki - Getty

C’est la grande semaine des plans de sortie de crise, pour le gouvernement avec le Ségur de la santé lancé hier, aujourd’hui le plan de relance de la filière automobile mais la société civile également à aussi son idée sur le jour d’après et veut pouvoir peser sur les décisions. Vingt organisations associatives et syndicales publient aujourd’hui leur plan d’action. Le collectif avait lancé une pétition appelée « plus jamais ça »  le 27 mars dernier pour réclamer des alternatives au capitalisme néo libéral, une pétition qui a recueillie plus de 180 000 signatures.

Dans ce collectif on retrouve des ONG comme Oxfam, Attac, Greenpeace, des associations comme le Droit au Logement, des syndicats également avec la Confédération paysanne, la CGT, Solidaires, Unef, UNL bref la convergence des luttes nous y sommes,  pour le jour d’après, sur celui que nous serons capable de reconstruire dit le communiqué. Car ce plan d’action aussi détaillé et précis soit il se veut selon ses signataires un appel au débat public et à la mobilisation des citoyens pour exiger du gouvernement des transformations radicales. Il est désormais nécessaire de dépasser l’effet de sidération paralysant que génère le traumatisme de la crise sanitaire estiment-ils. Leur plan de sortie de crise comporte 34 mesures pour répondre aux enjeux sanitaires, sociaux économiques et écologiques.

En tout premier lieu, le collectif pose les conditions du déconfinement pour assurer la sécurité sanitaire et les droits fondamentaux. Il réclame par exemple la gratuité des masques et l’accès aux tests pour tous ainsi qu' une garantie de sécurité au travail. Parmi les revendications : la reconnaissance automatique en accident du travail ou en maladie professionnelle pour tous les travailleurs touchés par le virus. Pour le collectif le déconfinement doit également s’accompagner de la levée au plus tôt de l’état d’urgence sanitaire pour sortir de l’état d’exception dans lequel se trouve le pays.

La société civile pour bouger les partis politiques

Ce collectif la semaine dernière a réussi à réunir les partis de gauche.  C’était le 20 mai dernier, et assez rare pour être mentionné, toutes les formations de gauche étaient là, ou presque.  EELV, La France insoumise, Génération.S, NPA, PS, PCF et Place publique ont participé en réunion zoom, à huit clos à cet appel commun "Plus jamais ça".  Il s’agissait de partager leur état d’esprit et leur vision du monde d’après.  Les 34 propositions de ce plan de crise ne font pas un programme politique commun mais reflète plutôt une volonté d’actions en commun. Il va falloir répondre à la crise économique et sociale qui s’annonce et le collectif veut poser les bases du monde d’après. Les propositions abordent les transformations de mode de production, de mobilité et de consommation, mais aussi les questions de la transition écologique et de la fiscalité. Après le florilège d’appels et de tribunes pendant le confinement, il s’agit pour ce collectif de traduire des prises de positions en un calendrier d’actions. Tous se retrouveront pour affirmer leurs positions lors d'une prochaine réunion qui aura lieu début juin.   

Derrière les mots, les engagements

Comment aller au-delà des paroles ? Elizabeth Borne, la ministre de la transition écologique la semaine dernière a écrit aux grands patrons. Les quelques 90 grands patrons qui avaient signé une tribune dans le Monde dans laquelle ils plaidaient pour une relance verte. Parmi eux figuraient les patrons de LVMH, BNP Paris Bas, Thales, Airbus, Michelin, Renault et même le Medef, Geoffroy Roux de Bezieux qui n’avait pas manqué d'ailleurs de créer un certain étonnement. Encore quelques jours seulement avant, il réclamait un moratoire de six mois dans l’application de mesures environnementales afin de protéger certains secteurs frappés par la crise économique et sanitaire. 

Elizabeth Borne leur a donc répondu à ces grands patrons qui réclamaient qu’une large part des moyens financiers pour accompagner la relance économique servent à la transition écologique et la justice sociale. Dans sa lettre, elle les appelle à démontrer d’avantage leurs engagements. Un courrier de trois pages où la ministre liste des mesures concrètes et applicables tout de suite. Le courrier cite la mise en place du forfait de 400 euros pour les salariés se déplaçant à vélo ou en covoiturage, le don d’invendus aux associations, ou la mise à disposition d’un repas végétarien par semaine. À plus long terme, Elisabeth Borne les invite à fixer et annoncer leur feuille de route en vue de leur neutralité carbone et d’une économie 100 % circulaire. Un rendez-vous pour un premier point d’étape au ministère leur a été fixé début juin. En juin viendront aussi les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, une partie avait été dévoilée dans une tribune à l'appel des 150. Là encore Elizabeth Borne se dit prête à joindre le geste à la parole en intégrant leurs propositions dans son plan de sortie de crise.

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