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Sur un chantier à Niort le 4 juin 2020. Le secteur du BTP en appelle à Emmanuel Macron : "Mr le Président , il y a urgence, aider le BTP c'est sauver l'emploi partout en France !”

Le bâtiment attend son plan de relance

4 min
À retrouver dans l'émission

Le secteur du BTP bénéficiera de quelques mesures d’urgence, dans le cadre du 3e budget rectificatif présenté ce matin. Mais il devra attendre la rentrée pour avoir son plan de relance, centré sur la rénovation thermique des logements.

Sur un chantier à Niort le 4 juin 2020. Le secteur du BTP en appelle à Emmanuel Macron : "Mr le Président , il y a urgence, aider le BTP c'est sauver l'emploi partout en France !”
Sur un chantier à Niort le 4 juin 2020. Le secteur du BTP en appelle à Emmanuel Macron : "Mr le Président , il y a urgence, aider le BTP c'est sauver l'emploi partout en France !” Crédits : Jean-André Boutier - Maxppp

Le secteur du bâtiment commence à trouver le temps long, alors que le gouvernement dégaine des plans pour l’aéronautique, l’automobile, le tourisme. 

Hier et encore ce matin dans la presse nationale, ainsi que dans la presse régionale, le secteur a ainsi publié une pleine page, à l’adresse d’Emmanuel Macron. “Monsieur le président de la République, il y a urgence : aider le BTP c'est sauver l'emploi partout en France !

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Et de pointer du doigt le risque de faillites en cascade et de licenciements massifs en septembre, faute de commandes. Dans ce secteur qui emploie 2 millions de personnes. 

"On a l’impression d’être sorti des radar, depuis qu’on a repris les chantiers" s’agace Jacques Chanut, président de la FFB, la Fédération française du bâtiment. Les professionnels du secteur n’ont pas non plus oublié les propos de Muriel Pénicaud au début du confinement. La ministre du travail avait dénoncé le fait qu’une organisation patronale recommande l’arrêt des chantiers et conseille à ses membres de recourir au chômage partiel.

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Des mesures d'urgence 

Le troisième projet de loi de finances rectificative prévoit plusieurs "mesures d'urgence" pour le secteur : des remises de charges de 50 % sur mars, avril et mai, pour les entreprises de moins de 50 salariés qui ont vu leur chiffre d’affaires baisser de manière importante. L’Etat absorbera aussi une partie des surcoûts liés à la crise sanitaire, sur les chantiers qui sont de son ressort. Et puis un milliard d’euros est dégagé pour encourager l'investissement local … 

"Ils se moquent de nous, c’est un pétard mouillé", réagit pour France Culture Jacques Chanut le président de la Fédération française du bâtiment. 

La FFB souhaitait notamment obtenir l’annulation pure et simple des charges pour une durée de 8 mois, et ce quelque soit la taille de l’entreprise. Seul moyen, selon elle, de s’en sortir, alors que les coûts induits par les mesures barrières renchérissent de 10 % le prix des chantiers.  

Immense déception donc des acteurs, alors que le gouvernement annonce déjà la suite : un plan de relance à la rentrée, qui devrait soutenir, entre autres, le secteur du BTP. 

Engager la rénovation thermique des bâtiments 

Cela fait longtemps qu’on en parle. Il faut dire que cette politique peut être très efficace pour lutter contre le réchauffement climatique (le bâtiment représente environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre). 

Mais ces efforts ne sont pas réalisés aujourd’hui car ils sont peu visibles, analyse un ministre poids lourd du gouvernement. 

La France compte près de 7 millions de passoires énergétiques, des logements qui pourraient être ciblés en priorité. Plus largement, le gouvernement souhaite accélérer les rénovations globales, les travaux de grande ampleur, avec pour objectif de les multiplier par deux ou trois par an. 

A cet effet, l’exécutif devrait augmenter les aides. Des aides qui ont d’ailleurs été rabotées au gré des différents budgets ces dernières années, pour faire des économies !

En plus des rénovations de maisons, de copropriétés, seraient également ciblés des écoles, des crèches, des hôpitaux. 

En tous cas le projet est consensuel. Du président du Medef qui appelle, dans les Echos ce matin, à un gigantesque plan d’investissement pour la rénovation thermique des logements au parti socialiste qui propose une "prime climat", en passant par Laurent Berger de la CFDT qui met l’accent sur les emplois que ces investissements peuvent créer.

Mais quelle sera l’enveloppe débloquée par le gouvernement ?

A Bercy on est prêt à y consacrer beaucoup d’argent (si toutefois on peut s’assurer de l'efficacité de ces dépenses). 

Tout dépend aussi des montants que la France pourra capter dans le cadre du plan de relance européen, toujours en attente de validation.

Emmanuel Macron devrait lever un coin du voile début juillet. Mais il faudra donc attendre la rentrée pour les arbitrages. Un temps trop long pour le secteur, qui souhaite de toute façon qu’on lui parle du "monde d’aujourd’hui" plutôt que du "monde de demain". 

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