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Les caissières, mises en lumière pendant le confinement, font partie des salariés qui semblent aujourd'hui oubliées. Photo prise le 7 mai 2020 dans un hypermarché Carrefour de l'Essonne.

Caissières, agents de propreté ... : les salariés de la "deuxième ligne" attendent les hausses de salaires promises

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A la mi-mai, la ministre du travail Muriel Pénicaud avait assuré qu'elle convoquerait les branches professionnelles pour leur demander de prendre en compte ces métiers "qui ont besoin d'être valorisés". Les syndicats ne voient toujours rien venir.

Les caissières, mises en lumière pendant le confinement, font partie des salariés qui semblent aujourd'hui oubliées. Photo prise le 7 mai 2020 dans un hypermarché Carrefour de l'Essonne.
Les caissières, mises en lumière pendant le confinement, font partie des salariés qui semblent aujourd'hui oubliées. Photo prise le 7 mai 2020 dans un hypermarché Carrefour de l'Essonne. Crédits : Arnaud Journois - Maxppp

Emmanuel Macron reçoit cet après-midi les partenaires sociaux afin de déterminer notamment quel dispositif succédera au chômage partiel. Mais un autre sujet sera sans doute aussi porté par les syndicats tout à l'heure : la revalorisation des salaires de ceux qui étaient aux avant postes pendant le confinement. Or sur cette question, on en est encore au point mort. 

Caissiers et caissières, personnels en charge du ménage dans les entreprises, éboueurs, ou encore chauffeurs-livreurs  : ces salariés qui étaient à leur poste de travail pendant le confinement ont été mis un temps dans la lumière pendant la crise. On semblait redécouvrir ces professions, invisible le plus souvent. Des salariés d’ailleurs pas toujours, au démarrage, équipés des moyens de protection nécessaires. 

Pour eux donc, parmi lesquels un nombre important de femmes, parfois à temps partiel, l'exécutif avait annoncé des jours meilleurs. Emmanuel Macron avait ainsi déclaré dans son allocution du 13 avril : “il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays aujourd’hui tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal”. Assez imprécis comme formulation, mais cela pouvait ouvrir la voie à une amélioration de la situation salariale de ces personnes. D’autant qu’un mois plus tard, la ministre du travail Muriel Pénicaud avait fait un pas de plus, sur France 2, assurant qu'elle allait convoquer les branches professionnelles pour leur demander de prendre en compte ces métiers "qui ont besoin d'être revalorisés". 

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Or aujourd’hui les branches n’ont toujours pas été convoquées par la ministre et les syndicats commencent à trouver le temps long. Pour Laurent Berger, le leader de la CFDT, il ne faut "pas lâcher" sur le sujet (des propos tenus lors d'une visioconférence organisée le 11 juin par l'Association des journalistes de l'information sociale). Le secrétaire général de Force Ouvrière Yves Veyrier souscrit, ajoutant que traiter ce sujet "au niveau des branches, c'est un peu juste". "Il faut réviser l'échelle de valeurs. C'est pas seulement augmenter de 50 euros le Smic. Il faut qu'on reconsidère complètement ces métiers en termes de formation, de qualification et (...) de rémunération".

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Une solution enterrée ? 

On ne peut pas l’affirmer à ce stade. Le ministère du travail reste pour l’instant muet sur la question. Ce qui est sûr c’est que le sujet est miné car le patronat a déjà expliqué qu’il serait très difficile dans la période d’augmenter les salaires, alors que nombre d’entreprises sont menacées de faillites. Le président du Medef privilégie ainsi la participation et l’intéressement et les primes défiscalisées. Deux outils également brandis par le gouvernement. On se souvient que la grande distribution s’était rapidement saisie de la possibilité de verser ces primes de 1 000 euros à leurs salariés mais derrière l’effet d’annonce, des conditions particulières avaient limité la portée de cette mesure. Les syndicats avaient dénoncé un jeu de dupes. 

Pour en revenir aux discussions dans les branches professionnelles, Muriel Pénicaud peut bien exiger des des hausses de salaires, mais d’abord cela dépend d’un accord syndicats/patronat et voyons d’où on part pour mesurer le chemin qui reste à accomplir.  

Les branches négocient généralement tous les ans, des grilles de salaires, avec des niveaux de rémunération minimum. Mais les minima définis sont parfois plus bas que le SMIC (parce qu’il y a un décalage dans le temps entre ces négociations et la revalorisation annuelle du salaire minimum). Et même après réévaluation, les premiers niveaux de cette grille ne dépassent que très peu le salaire minimum dans bien des cas  ! (cf cette étude de la DARES). On part donc de loin, d’autant que ce constat a été fait en période “normale”, imaginez ce que ça peut donner en ce moment.  

De la même façon tout débat autour d’une hausse du SMIC donne généralement des boutons aux représentaux patronaux, qui dénoncent cette augmentation du coût du travail. Là aussi, par ces temps de crise économique, ces arguments seront amplifiés et on peut d’ailleurs les entendre. 

Le risque d'une crise sociale. 

C’est effectivement ce qu'on pourrait craindre. Mais dans les secteurs dont on parle, les syndicats ont du mal à peser. Dans la grande distribution notamment, pas facile de mobiliser surtout en période de crise, où les salariés craignent déjà pour leur emploi et pourraient avoir peur de représailles. Il faudra observer, à ce titre, la journée de grève du 9 juillet prochain, à l’appel de la CGT commerce.

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Parmi les idées sur la table pour tenter d’apaiser les esprits et apporter des solutions, l’organisation d’une conférence sociale (cf cette interview du chef de file des députés Modem Patrick Mignola) mais on sait que ce genre de grand- messe peut décevoir. Le président de la CFTC Cyril Chabannier prévient  : “si on oublie ces salariés, le climat social va être détérioré pendant très longtemps”. 

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