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A gauche : le 27 avril 1968, à la table des négociations pour un protocole d'accord, rue de Grenelle à Paris. A droite : la ministre du Travail Muriel Pénicaud, en réunion avec le Premier ministre.

La ministre du Travail lance "les Rendez-Vous de Grenelle"

3 min
À retrouver dans l'émission

Une tentative de renouveler le débat social en partant du marché de l'emploi. Et une appellation qui rappelle les fameux accords de Grenelle de 1968.

A gauche : le 27 avril 1968, à la table des négociations pour un protocole d'accord, rue de Grenelle à Paris. A droite : la ministre du Travail Muriel Pénicaud, en réunion avec le Premier ministre.
A gauche : le 27 avril 1968, à la table des négociations pour un protocole d'accord, rue de Grenelle à Paris. A droite : la ministre du Travail Muriel Pénicaud, en réunion avec le Premier ministre. Crédits : STF / Bertrand Guay - AFP

La rentrée est à peine commencée que l’agenda des ministres vacille sous le nombre des rendez-Vous…Celui de Muriel Pénicaud va se prolonger d’une série de rencontres spécifiques :" les Rendez-Vous de Grenelle".

Une manière de renouveler le dialogue social, de l’adapter en cochant des réunions ciblées sur un calendrier qui va de toute façon s’épaissir avec les prochaines négociations sur sur les retraites et auparavant sur l’assurance-chômage. Tout laisse entrevoir qu’elles ne seront pas commodes. Les partenaires sociaux vont d'ailleurs plancher dès aujourd'hui afin de préciser leurs positions.

Pourquoi un rendez-vous de plus ?

Pourquoi ce rendez-vous qui devrait s'échelonner sur un rythme trimestriel ? Parce que la ministre ne veut pas revenir au tempo mensuel des commentaires sur les chiffres du chômage, déjà abandonnés par ses prédécesseurs. D'où son projet de réunir des experts de l'emploi pour un diagnostic et faire des préconisations à un rythme qui serait périodique.

Et quel rapport avec le Grenelle de 1968 ?

Pas de rapport immédiat sinon que les accords de Grenelle ont constitué un rendez-vous majeur dans l'histoire sociale. Le Premier ministre de l'époque Georges Pompidou, qui était lui-même venu à la table des négociations, avait ainsi présenté cette négociation tripartite (syndicats de salariés, patronaux et représentants du gouvernement) :

Il s'agissait en fait d'une série d'accords qui avaient non seulement répondu à des revendications populaires : salariales, relèvement du revenu minimum, semaine de 40h, formation professionnelle, mais aussi la reconnaissance du droit syndical. Avec des acteurs qui ont bien changé. La CFDT était en pointe de la contestation, la CGT lui avait emboîté le pas et Force ouvrière campait en organisation réformiste. Chacun jouait sa partition, et les représentants syndicaux, qu'ils s'appellent Georges Séguy, André Bergeron, s'apprêtaient à des négociations laborieuses. Avec une première sortie à 4h du matin et 3 jours et demi pour accoucher de ces accords interprofessionnels. Tout ce débloque à l'aube du lundi 27 mai quand, à la surprise générale, la CGT demande à signer le protocole d'accord qui va rentrer dans l'Histoire. Même s'il n'aura pas suffi à faire cesser les grèves dans la foulée, ainsi que l'espérait le gouvernement.

Quelque en soit le résultat, ces accords de Grenelle sont devenus synonymes de modernisation et véhiculent un effet fédérateur, solutionneur, à usage immédiat, au point qu'ils se déclinent maintenant par secteurs d'activités : Grenelle de l'Environnement, du bâtiment, de l'apprentissage. Le mot est devenu une marque sociale, sauf qu'il ne suffit pas de convoquer un Grenelle de l'Emploi ou autre pour aboutir à un accord !

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