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L'Italie connaît un taux de fécondité fort bas qui n'est que partiellement compensé par l'immigration.

L'Italie à la traîne de la croissance européenne

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Pays le plus vieux du monde après le Japon, il ne retrouve pas son élan économique.

L'Italie connaît un taux de fécondité fort bas qui n'est que partiellement compensé par l'immigration.
L'Italie connaît un taux de fécondité fort bas qui n'est que partiellement compensé par l'immigration. Crédits : Paul Defosseux - AFP

Si le pays le plus vieux au monde est le Japon, en Europe c’est l’Italie qui occupe cette place, devant l’Allemagne. Un pays qui perd 100 000 habitants par an, et qui compte beaucoup plus de seniors que de jeunes. Une chute démographique qui pèse sur la croissance, et qui risque de s’amplifier… On ne se rend pas forcément compte de la vitesse à laquelle vieillit la péninsule italienne : 168 seniors pour 100 jeunes, et cet écart, il  ne devrait que s’accentuer conduisant à une proportion de 1 jeune pour 3 personnes âgées d'ici 2040. Un tel écart s’explique notamment  par l’allongement de l’espérance de vie : c’est l’une des plus élevés au monde…Pour le réduire il faudrait que le taux de natalité remonte fortement : or le taux de fécondité étant l’un des plus bas au monde à 1,34, on n’en prend pas le chemin.  Et avec une démographie aussi déprimée, le risque, c’est que la croissance s’essouffle à 1 et demi pour cent, elle est loin d'avoir retrouvé ses niveaux d'avant crise.  

Pourtant l’Allemagne a aussi une démographie déclinante, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une forte croissance !

C’est vrai, et il n'y a pas d'effet mécanique entre la démographie d'un pays et sa croissance....Mais une très faible croissance démographique n'y est pas favorable comme on le voit aussi à Japon. Si l'Allemagne fait exception, c'est qu'elle tire ses revenus de ses exportations, grâce à un appareil de production plus puissant, plus étendu, servi par une main d’œuvre active, alors que l’Italie, elle,  a déjà bien du mal à se dépêtrer d’un taux de chômage qui est encore fort élevé, à plus de 11% malgré le "job Act" destiné à encourager l’emploi. De fait, l’Italie arrive en troisième position pour le chômage, derrière la Grèce et l’Espagne. Sans compter que ces moyennes masquent des disparités considérables entre nord et le sud. Dans tous les cas, on se situe au-dessus du taux moyen en Europe…Et pas d’amélioration  en vue : sous l’effet de la crise,les départs d’Italiens vers l’étranger ont triplé en une décennie :  entre 2008 et 2015, ce sont quelque 260 000 jeunes qui ont pris le chemin de l’étranger. Le plus souvent avec un diplôme en poche…  

L’immigration ne compense-t-elle pas en partie ces départs ? 

Quand bien même elle a augmenté, elle ne joue encore qu’un rôle d’appoint. Il suffit de regarder du côté du secteur de la santé :  la Fédération italienne des généralistes déplore la diminution du nombre de médecins…Mais ce ne sont pas les médecins qui entrent en Italie qui vont compenser, ce qui serait pourtant nécessaire : elle estime, cette fédération, que d’ici 5 ans, 14 millions d’Italiens n’auront plus de médecins de famille. Tout simplement parce qu’aujourd’hui plus de la moitié des médecins en exercice ont plus de 55 ans. Ils étaient moins de 20 % au début du siècle.  Les remplacer intégralement quand ils auront déposé leur blouse de travail ? Impossible avec la démographie actuelle alors que dans le même temps, la progression du nombre de seniors va s'accentuer et réclamer plus de soins.  Un défi de plus pour l'Italie.

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