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20 000 agriculteurs en appellent au gouvernement. C'est la filière bovine qui serait la plus affectée par la signature d'un accord de libre échange avec le Mercosur.

Les agriculteurs veulent se protéger d'un accord de libre-échange avec le Mercosur

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La France essaie de ménager des intérêts économiques dans plusieurs secteurs.

20 000 agriculteurs en appellent au gouvernement. C'est la filière bovine qui serait la plus affectée par la signature d'un accord de libre échange avec le Mercosur.
20 000 agriculteurs en appellent au gouvernement. C'est la filière bovine qui serait la plus affectée par la signature d'un accord de libre échange avec le Mercosur. Crédits : JC Tardivon - Maxppp

Les agriculteurs vont-ils faire les frais d’un accord qui semble proche entre l’Union européenne  et le Mercosur ? En dépit des manifestations qu’ils organisent, et de la réception d'une délégation à l'Elysée aujourd'hui, Il paraît difficile de faire échouer la signature d’un accord qui est censé bénéficier à l’ensemble des pays-membres.

Si encore ils avaient le renfort des agriculteurs d’autres pays de l’Union, mais, à l’exception des Irlandais pour les éleveurs, ce n’est guère le cas, même si une dizaine de pays ont des des contentieux agricoles qui montent avec le Mercosur. Que 30 000 éleveurs français au moins se sentent menacés, personne ne le conteste mais dans la balance des avantages comparés, ils ne pèsent pas suffisamment. Certes la France, qui essaye de les préserver,  pourrait faire le forcing auprès des autorités de Bruxelles, mais pour quel bénéfice ?  C’est qu'elle a aussi d’autres intérêts dans la balance, à commencer par ceux de l’automobile, et qu’elle est globalement considérée comme le deuxième bénéficiaire d’un accord qui est en vue 

Mais pourquoi assiste-t-on à une course de vitesse pour signer avec le Mercosur, alors que les négociations ont débuté  avant l'an 2000, avant d’être arrêtées ?

Et stoppées à deux reprises. En 2004 , alors que la chambre de commerce et d'industrie de Paris observait qu’elles étaient déjà fortement avancées. Dans une étude, elle  s’interrogeait : Quel sens a la négociation entre l’Union européenne et le Mercosur alors que l’ensemble des pays membres de cette zone est en crise durable  et fortement endettée ? On ne voyait pas l’intérêt de conclure…Mais aujourd’hui les économies du Mercosur se sont redressées. Elles constituent près des deux tiers du PIB de l'Amérique latine; ça compte !  Pourtant,  ce n’est pas la seule raison. C’est que depuis l’élection de Donald Trump, et son tropisme à défaire les accords commerciaux de son prédécesseur, eh bien, il y a une opportunité pour les Etats à passer le plus d’accords de libre-échange possible. Ils regardent dans toutes les directions, et notamment l'Europe. 

Avec quels avantages pour la France au bout des négociations ? 

Un accord de libre-échange, ça permet de faciliter les relations commerciaux en abaissant les barrières douanières, tarifaires, non tarifaires aussi, les normes, et d’une manière générale les formalités administratives. D’après les estimations de la Commission européenne, ça devrait permettre aux exportateurs européens d’économiser quelque 4 milliards d’euros de droits de douane par an. Et la France, pour ce qui la concerne,  en plus de l’automobile, serait gagnante sur les exportations de cosmétiques, les produits chimiques, mais aussi les vins et spiritueux. Difficile dans ces conditions de renoncer à des avantages objectifs quand bien même l’une des contreparties, c’est, pour les pays du Mercosur, de mettre sur la table un paquet d'au moins 70 000 tonnes de boeuf. Le bœuf de la discorde, peut-être, mais les éleveurs savent que d'autres marchés sont en train de s'ouvrir devant eux, déjà avec la Chine qui s’est engagée à lever l’embargo sur le bœuf européen, ainsi que le Japon et la Turquie.

Il y aurait des perspectives de compensation, mais sur le court terme, l'inquiétude des agriculteurs en général et des éleveurs de boeuf en particulier est pleinement justifiée.

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