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La Fondation du Patrimoine estime que le loto pourrait rapporter de 15 à 20 millions d'euros.

A quoi joue l'Etat en lançant le loto du patrimoine ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Un levier pour accompagner les chantiers de restauration tout en ménageant les finances publiques.

La Fondation du Patrimoine estime que le loto pourrait rapporter de 15 à 20 millions d'euros.
La Fondation du Patrimoine estime que le loto pourrait rapporter de 15 à 20 millions d'euros. Crédits : François Guillot - AFP

On va courir au chevet du patrimoine historique aujourd’hui , du château de Voltaire à Ferney près de la Suisse au palais de l'Elysée avec une réception d'Emmanuel Macron.  L’enjeu,  c’est de réussir le lancement du loto du patrimoine. Voilà que l'Etat se porte vers le patrimoine afin de l’enrôler dans un régime de financement plus massif: le loto du patrimoine... En fait, il s'agit de  passer d’une forme de mécénat public et privé à une formule de participation populaire, avec le soutien de la Fondation du patrimoine qui va jouer un rôle pivot…Et pour la rendre populaire,  rien de tel que le jeu qui pourrait se décliner sous d’autres ludiques ensuite. Mais encore faut-il que ça marche : s’appuyant sur une batterie de sondages, les promoteurs de ce projet parient sur un engouement du public.

D’autres pays  y ont déjà recours, comme l’Angleterre...

Les Pays-Bas et l’Italie aussi qui permettent à leur loterie nationale de financer des monuments… La difficulté, pour la France qui compte quelque 44 000 petits ou grands monuments classés, c’est de faire la sélection. Avec la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, il a été décidé de donner la priorité au patrimoine jugé en péril. On part sur 269 monuments qui vont être aidés, et 18 sites dits emblématiques, prioritairement …Cela, sur le principe d’un choix par région… Le château de Bussy Rabutin en Côte d’or, la maison d’Aimé Césaire à Fort de Franc, mais aussi l’hôtel-Dieu de la ville de  Château-Thierry ou encore le théâtre de Bar-Le-Duc... Sont  privilégiés des chantiers de taille moyenne, mais qui absorbent beaucoup d’argent ! Comme l’Etat compte ses sous, que les collectivités réduisent leurs contributions, et que les mécènes ne financent que pour partie, le recours à une formule de loterie a du sens …Quand bien même elle ne fait pas l’unanimité.  

De toute façon le recours au loto n’a pas vocation à se substituer au rôle de l’Etat !

Il est censé venir en complément, mais quand on voit se multiplier depuis une quinzaine d’années les appels à sauver des monuments, des églises, des sites menacés, on peut y voir l’émergence d’un nouveau modèle de financement. L’Etat qui doit dégager des fonds par millions pour la restauration  de grands monuments comme le Grand palais n’a plus les moyens de  se disperser. Regardons Les travaux de réfection de la cathédrale de Paris, très visitée: c’est quelques 60 millions d’euros de travaux à engager…Il faut aussi trouver des financements extérieurs,  se tourner vers des donateurs américains.  Quant au petit patrimoine, il ne lui suffit pas de groupes de bénévoles pour le sauver, de visites, réceptions festives, boutiques et ventes d'objets. Ses défenseurs ont compris qu’ils avaient intérêt à se tourner vers d’autres sources de financement plus proches.  Le financement participatif en fait partie. Avec à la clé une formule d’intéressement. Ce n’est pas le gain mais ce peut être une participation qui permet de parrainer une  grande demeure historique par exemple, et obtenir un droit de visite.  De ces formules de participation qui misent sur la proximité  pendant que l’Etat trouve un intérêt à braquer les projecteurs sur  des actions à fort rayonnement avec retombées économiques et touristiques, tout en ménageant sa trésorerie.

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