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 "Les cheminots n'ont pas à avoir honte de bloquer tout le pays" a déclaré Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT sur France Inter.

SNCF : un bras de fer devenu inéluctable entre les syndicats et le gouvernement ?

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De tous côtés, on affiche une entière détermination.

 "Les cheminots n'ont pas à avoir honte de bloquer tout le pays" a déclaré Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT sur France Inter.
"Les cheminots n'ont pas à avoir honte de bloquer tout le pays" a déclaré Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT sur France Inter. Crédits : Julien Mattia - AFP

Avec la grève à la SNCF, l'on s'attend à un mouvement qui devrait être fortement suivi. C'est une  séquence sociale qui s'annonce difficile pour les gouvernement et dure pour les usagers. Peut-on dire que c'est la première grand épreuve de force pour l'exécutif ?  

On peut parler d'un bras fer avec les syndicats... Quand  bien-même Edouard Philippe repousse l'expression. Il reste campé sur l'image d'un gouvernement qui veut dialoguer, continuer à négocier... Tout en se déclarant déterminé à mener la réforme  du système ferroviaire.  Le problème c'est qu'avec les organisations syndicales on ne parle pas le même langage : elles réclament, disent-elles, de vraies négociations... Ces négociations ont pourtant  été lancées, avec la ministre des transports notamment, Elizabeth Borne... Une trentaine de réunions, mais vu des organisations syndicales, ce sont des explications de texte qu'on leur a assénées. 

C'est pourtant afin d'essayer de sauver la négociation que le gouvernement a retouché en fin de semaine son projet en renonçant aux ordonnances sur l'ouverture à la concurrence. 

Sans doute, mais quelques jours après une journée de mobilisation sociale à Paris et en région où  les cheminots se sont retrouvés en ligne de mire...Ce qui les as renforcés dans leur propre détermination: Et là on se trouve dans une situation d'opposition frontale entre un gouvernement qui dit : cette réforme , c'est celle de l'ouverture à la concurrence. Elle a été décidée... Il n'est pas question de  la remettre en cause; elle se fait dans toute l'Europe  au prix d'une transformation de l'entreprise et d'une révision  des statuts des personnels et des syndicats qui entrevoient des risques de pertes de garanties, quand bien même la réforme est sensée, d'après la direction de la Sncf,  préserver ceux qui sont en poste.

Le gouvernement n'a donc pas réussi à dissuader les appels à la grève !

Quand bien même il a tenté de rassurer en affirmant qu'il s'agissait d'un transfert de statut qui préserverait les niveaux de rémunérations, le régime spécial de retraite et les emplois, y compris par des mobilités internes dans la future société ferroviaire...Cela n'a pas suffi. Le constat est apparu de très fortes  divergences, si fortes qu'elle se sont muées en disputes autour des visées réelles du mouvement : troisième tour social ou pas ? Car c'est bien la CGT qui, la première, est montée au créneau , et c'est bien de l'un de ses  responsables syndicaux qu'est venu un mail en faveur d'une mobilisation qui permette de "désorganiser fortement le plan de transport et les travaux"... Le trouble a été jeté sur les finalités réelle de ce mouvement à l'heure où se profilent des élections professionnelles à la SNCF.

Mais maintenant que le mouvement est lancé, qu'est ce qui pourrait l'arrêter ?

Ce serait prématuré d'échafauder des scénarios.  Les précédentes grèves, et il y en a eu beaucoup à la SNCF depuis 1968. Une dizaine qui ont été importantes... On se remémore souvent la longue grève de 1995, mais celle de 1986-87, avec quatre semaines consécutives, a été aussi très dure dans la foulée de la cohabitation. En réalité, le fait de détenir un monopole ferroviaire laisse planer un vrai suspens.

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