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Le commerce mondial a bondi malgré le protectionnisme.

La rhétorique anti-protectionnistes bat son plein dans le monde

2 min
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Des ripostes et menaces de représailles en ordre dispersé.

Le commerce mondial a bondi malgré le protectionnisme.
Le commerce mondial a bondi malgré le protectionnisme. Crédits : Ingo Wagner - AFP

L’effet a été quasi immédiat : à peine formulées, les annonces de Donald Trump de relever dès cette semaine les taxes sur les importations d'acier et d'aluminium ont provoqué des réactions un peu partout. Non seulement de la Chine et de l’Europe, mais aussi  du Canada, du Japon et de l’Australie. Des réactions plus ou moins fortes qui pourraient aller jusqu’à des représailles…Mais des ripostes pour l'instant verbales, qui ne constituent pas l’amorce d’un front commun à l’encontre des Etats-Unis, tant les intérêts des uns et des autres sont divergents. En regardant Donald Trump brandir des hausses de droits douane sur l’acier, on pense immédiatement à la Chine. La Chine qui est le principal producteur d’acier au monde. Or l’acier chinois ne représente qu’une infime partie des importations américaines. Moins que l’acier allemand. Ce n’est donc pas avec la Chine que l’on risque d’avoir un conflit sérieux, du moins  dans ce secteur…en revanche, cela entrainerait de toutes autres conséquences pour les producteurs canadiens, mexicains, mais aussi sud-coréens et turcs ! Pour ces pays, une restriction des débouchés américains  dans la métallurgie serait très problématique. Voilà pourquoi l’on peut s’attendre, après la levée de boucliers à des tentatives de représailles, mais plutôt sporadiques. Chacun de son côté, en saisissant au besoin l’OMC, l’organisation mondiale du commerce, ainsi que l’envisage le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et en France, Bruno Lemaire.

Pas de quoi contenir la montée du protectionnisme dans le monde.

Ce sera difficile au vu d'une tendance de fond. C’est ce que montre une très récente étude de l’assureur-crédit Euler-Hermès : le nombre de mesures protectionnistes ne cesse d’augmenter depuis le changement de décennie, par milliers !  467 l’an dernier. Et les Etats-Unis y contribuent pour près du cinquième avec 90 nouvelles mesures. Ils s'y prennent de manière ciblée: une large partie de ces mesures vise la Chine sur  de nombreux secteurs. Pas étonnant quand on sait que les Etats-Unis accusent avec ce pays un déficit de 375 milliards de dollars.  C'est phénoménal. 

Mais du coup, avec  cette poussée du protectionnisme, le commerce mondial peine à retrouver son niveau d’avant crise : celle  de 2008. La menace protectionniste perdure, elle s’amplifie.

Qu’est-ce qui pourrait donner un coup d’arrêt à cette montée du protectionnisme ?

Un retour lucide sur le rapport avantage / inconvénients de ses conséquences. Tous les secteurs ne sont pas gagnants à ce jeu. A commencer par les Etats-Unis qui se trouvent au cœur des échanges mondiaux à travers l’omniprésence du dollar et par une politique d’expansion toutes : celle de Donald Trump, à travers laquelle les Etats-Unis se retrouvent  dans une situation paradoxale : Voilà une politique qui veut protéger ses entreprises exportatrices mais qui appuie  en même temps sur le levier de la consommation par la réforme fiscale. Au terme de quoi, l’Amérique  qui consomme de plus en plus, a besoin d'acheter de plus en plus de produits, et les acheter   où cela ? Pour beaucoup à l’étranger…faisant augmenter les importations. Où l'on observe que La fièvre de la consommation abolit à sa manière les frontières. Le protectionnisme n’est pas en mesure de l’en empêcher tout simplement, tout juste de la ralentir. Question de modèle de consommation et de société  réunis.

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