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Les grèves à répétition vont alourdir les pertes après un bon début d'année.

Pourquoi le gouvernement refuse de voler au secours d'Air France

2 min
À retrouver dans l'émission

Une compagnie plombée par les dettes.

Les grèves à répétition vont alourdir les pertes après un bon début d'année.
Les grèves à répétition vont alourdir les pertes après un bon début d'année. Crédits : Stephan de Sakutin - AFP

L'avertissement a été lancé hier par Bruno Lemaire : même si le ministre de l'Économie estime qu'Air France est en danger de mort, il a exclu de venir à son secours en épongeant ses dettes. Et de renvoyer au dialogue social alors qu'Air France est dans l'attente d'un nouveau Pdg.  

Comment interpréter ces propos au moment où le personnel est appelé à une nouvelle journée de grève, et au moment où le Premier ministre, lui, reçoit les représentants d'une autre société de transport, la SNCF ? 

Eh bien comme ceux d'un gouvernement qui n'est pas prêt à s'impliquer de la même manière chez Air France et à la SNCF. Deux entreprises de transport, aérien et ferroviaire, mais où l'Etat n'occupe pas du tout la même place. 

La SNCF est une entreprise publique.  Air France est un groupe devenu privé où l'Etat ne détient plus que 14 % du capital. Air France est entrée depuis longtemps dans la concurrence, pour la SNCF, cela se fait progressivement. Autant l'Etat est obligé de s'impliquer dans le cas de la SNCF, où il joue le rôle d'Etat actionnaire, autant il est sur la réserve s'agissant d'Air France où la nomination du prochain Pdg est soumise au choix des actionnaires...  

En même temps, l'Etat est attaché au sort d'Air France, qui reste la compagnie nationale de référence... 

Oui , mais il "met les pouces" : bien sûr qu'il pourrait lui venir en aide, sous forme d'une recapitalisation qui permette à la compagnie de gonfler ses fonds propres, mais ce serait en risquant de braquer la Commission européenne d'une part et de donner un signe de faiblesse d'autre part : apporter des fonds publics en période de rigueur budgétaire, ce n'est pas dans l'air du temps... 

Bruno Lemaire pose la question de la compétitivité au moment où la compagnie va un peu mieux, et réduit ses dettes, cela paraît paradoxal !

Oui mais une amélioration ne veut pas dire rétablissement général. Air France a clôturé 2017 avec de solides résultats pour reprendre les mots de son Pdg démissionnaire, et connu un bon début d'année avec 22 millions de passagers, après avoir essuyé des années de pertes jusqu'en 2014, avec un parc d'appareils à renouveler, et accumulé une dette considérable.

Mais cette dette a baissé depuis. Elle a diminué de 2 milliards d'euros, mais elle représente encore  une facture fort importante, beaucoup trop par rapport aux fonds propres de la compagnieIl   s'agit d'une dette lourde pour plusieurs causes : facture du kérosène, suppression de deux fonds de retraite de KLM, augmentation du coût des contrats de leasing d'avions sur plusieurs années, tout cela a plombé les comptes de la compagnie. Cela repose la question des coûts financiers, et des revendications salariales qui en font partie. Il ne suffit pas que le chiffre d'affaires augmente si les bénéfices, eux,  ne sont pas au rendez-vous. Et c'est une fois encore la question de la compétitivité qui se trouve au coeur des débats.

Crédits : Visactu
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