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Le référendum de l'intersyndicale n'associe pas les usagers qui sont aussi les contribuables de la Sncf.

Le spectre de la privatisation de la SNCF refait surface

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Les syndicats le brandissent au moment où ils lancent un référendum sur le pacte ferroviaire du gouvernement.

Le référendum de l'intersyndicale n'associe pas les usagers qui sont aussi les contribuables de la Sncf.
Le référendum de l'intersyndicale n'associe pas les usagers qui sont aussi les contribuables de la Sncf. Crédits : Bertrand Guay - AFP

C'est un document de travail qui pourrait devenir un brûlot à la SNCF : la possibilité d'une privatisation de la compagnie ferroviaire. Alors que  la 9e séquence de grève se poursuit ce lundi, les syndicats prêtent au gouvernement et au Pdg de la compagnie  l'intention de privatiser. Gouvernement et direction démentent. Mais le trouble est jeté dans l'opinion. Voilà déjà le patron de la SNCF, Guillaume Pépy, pris à revers. Lui qui déclarait vendredi encore, dans un entretien au Parisien : "Il n'y a a pas un élément dans la réforme qui rend possible une privatisation totale ou partielle". Pas un élément, sous lettre majuscule dans l'article, faut-t-il le préciser, laissant bien entendre qu'on lui ferait un faux procès. Pas de volonté de privatisation donc ? "Même pas en rêve" avait-il pourtant ajouté sur France Info. La privatisation serait, à l'entendre,  agitée comme un épouvantail.   

Ce n'est pas l'interprétation qu'en font les syndicats après avoir eu accès à un document qui ouvrirait une brèche.

Il est question d'une note interne, issue d'un compte-rendu d'une réunion de travail début mai, avant la réception par Edouard Philippe des organisations syndicales où une demande aurait été formulée par la compagnie de ne préserver de toute privatisation que la holding, c'est-à-dire la structure financière de la nouvelle société. En un mot, cela pourrait laisser la possibilité d'ouvrir le capital des entités qui gèrent les trains et les infrastructures de la SNCF. Et ce faisant aboutir à une privatisation partielle, ce qui serait en contradiction avec les propos de Guillaume Pépy pour qui la proposition, c'est d'aller vers une société nationale : une société nationale ne peut être privatisée avait-il précisé. On en est là : une direction qui, avec le gouvernement, dément tout projet de privatisation. Des responsables syndicaux qui, eux, sont persuadés qu'elle se prépare "en coulisse".

De quoi faire remonter  la tension au moment où les syndicats veulent faire de ce lundi "une journée sans cheminots" et lancent un référendum  pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement !

Et cela au moment où le mouvement de grève était tombé au plus bas : certes porté par plus d'un conducteur sur deux, mais à peine 15 % des personnels, ce qui rendait sa poursuite incertaine, sachant qu'on est seulement à mi-parcours d'un mouvement inter-syndical programmé jusqu'au 28 juin. Il reste au compteur des agents la possibilité de débrayer à 18 reprises avant la fin du trimestre. 

Un mouvement qui n'a pas réussi non plus à mettre l'opinion de son côté, et qui voit arriver les échéances législatives où tout va se jouer sur des amendements en paquets et dont l'adoption risquerait de démobiliser les troupes.

Ainsi, après une première phase sous forme de grève destinée à ralentir le train des réformes du gouvernement, on devrait assister maintenant à une course de vitesse afin de rattraper cette fois le législateur, plus que jamais, lui-aussi, sous pression syndicale. Au risque d'une radicalisation du mouvement. 

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