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Une centaine de grèves ont été enregistrées dans les Ehpad en 2017 où les directeurs ne veulent plus gérer la pénurie.

Quelles clés de financement pour les EHPAD ?

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La question de coût de la dépendance revient en force.

Une centaine de grèves ont été enregistrées dans les Ehpad en 2017 où les directeurs ne veulent plus gérer la pénurie.
Une centaine de grèves ont été enregistrées dans les Ehpad en 2017 où les directeurs ne veulent plus gérer la pénurie. Crédits : Luc Nobout - Maxppp

Quelles clés de financement pour les EHPAD, les établissements d'hébergement des personnes âgées en état de dépendance ? C'est aujourd’hui qu'Agnès Buzyn va installer une commission destinée à définir "une stratégie nationale de lutte contre la maltraitance". Une décision qui intervient après une grève sans précédent dans les EHPAD où les conditions de travail se sont dégradées. De toute part on déplore la pénurie de moyens, surtout en effectifs, et en même temps on constate que les budgets sont censés avoir  été adaptés  depuis la réforme de 2015 sur les dotations et les tarifications. Et la ministre de la santé s'est engagée à apporter une enveloppe supplémentaire de  50 millions d'euros, en plus d'un plan de 100 millions d'euros en 2018. Des moyens supplémentaires mais qui ne seraient pas à la hauteur des besoins  de fonctionnement de ces  gros employeurs que sont les Ehpad, avec 400 000 salariés, et de véritables communautés de vie: on est, avec les résidents à plus de 600 000 personnes. Or ces besoins progressent à vive allure du fait qu'y arrivent en rang de plus en plus compacts les générations du "baby boom" devenu "papy boom"…Des résidents plus nombreux et pour plus longtemps  avec l'allongement de l'espérance de vie, dans l'un des 7900 Ehpad, public, associatif  ou privé; mais avec un corollaire: des résidents soignés pour des pathologies de plus en plus  lourdes, plus coûteuses, par l'effet de l’âge. Les Ehpad, du coup, se sont retrouvés saturés. Débordés au quotidien.

On en revient au manque de moyens, mais après des années d'une relative indifférence à un problème qui a longtemps été minoré.

Il a fallu des années avant une prise de conscience qui a tardé alors que le phénomène de dépendance se profilait nettement dans les projections démographiques. Le sujet est pourtant venu dans le programme de Nicolas Sarkozy avec l'annonce  de la création d'une cinquième branche de la sécurité sociale, le  risque dépendance. Mais la crise financière l’a fait passer au second plan. Puis retour sous le quinquennat Hollande sous forme d'engagement électoral mais qui ne s'est matérialisé partiellement qu'en toute fin de mandat avec une loi qui  vient seulement de rentrer en application. Mais cela alors que la grogne n'a cessé de monter depuis le début de de la décennie, et qu'elle a soudé, ce qui est inédit, l'ensemble des personnels, des aides-soignantes aux directeurs d'établissement. 

Quelle est alors la marge de manoeuvre du gouvernement ?

Plutôt étroite en regard des mesures d'économies budgétaires dans le secteur de la santé, quand bien même les Ehpad constituent une situation  spécifique. Or, les financements publics comptent pour beaucoup, avec une tarification qui repose déjà sur les résidents, l'Etat et les départements. A quoi s'ajoute un problème spécifique : celui des clés de répartition pour les financements entre les Ehpad entre eux. Agnès Buzyn, la ministre de la santé en a pris conscience  en nommant un médiateur.  Mais la partie sera difficile à jouer dans la mesure où les départements ont un rôle pivot dans ce dossier où certains établissements pourraient faire les frais de la réforme de la tarification. Question en dernier ressort: qui va payer au nom d'une forme de solidarité nationale intergénérationnelle. 

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