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L'horizon du Brexit fera t-il trébucher la croissance britannique ?

Les ratés du Brexit se conjuguent avec un décrochage économique

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La croissance britannique a plongé en début d'année.

L'horizon du Brexit fera t-il trébucher la croissance britannique ?
L'horizon du Brexit fera t-il trébucher la croissance britannique ? Crédits : Tolga Akmen - AFP

Dure journée pour Theresa May : les Lords britanniques ont octroyé, hier, au Parlement le droit de bloquer un Brexit sans accord  avec Bruxelles. En clair, d'empêcher le gouvernement de Theresa May de quitter le giron européen. Un énième revers pour la Première ministre britannique, qui illustre les divisions persistantes au sein des conservateur sur le Brexit. Et ces désaccords surviennent dans un environnement économique qui se dégrade avec une croissance qui patine à  0,1 % en début d'année. Le plus mauvais score depuis six ans. Que s’est-il passé ? Un ralentissement causé par des épisodes de neige plus abondants que prévu ? Un peu sommaire comme explication : les méventes de l’industrie automobile sont là pour comprendre qu’il se passe autre chose et que le recul s’observe sévèrement  dans le secteur de la construction: L’immobilier jouant traditionnellement le rôle de thermomètre, voilà  un nouvel indice que l’économie a tendance à se gripper. L’économie britannique, qui était leader avec l’Allemagne avant le Brexit est passée d’une croissance de 2,3 % à tout juste 1,8 l’an dernier, et risque de s’achever sur 1,6 % quand la France, elle, dépasserait les 2 %.  

Peut-on pour autant affirmer que la croissance est en train de décrocher au Royaume Uni ? 

Tant qu’elle sera tirée par les exportations, comme c’est le cas, Londres pourra relever la tête, mais elle n’en reste pas moins fragilisée : la baisse de la livre a peut-être stimulé les exportations, mais renchéri aussi le cout des biens importés…et pour le consommateur elle s'est traduite pas  une hausse de l’inflation à 3 % qui explique en partie l’essoufflement de la consommation.  La hausse des prix a tout simplement dépassé celle des salaires… Si au moins les entreprises appuyaient sur la pédale de l’investissement, la machine aurait des chances de repartir, mais là aussi les craintes d’un Brexit mal maitrisé rend les chefs d’entreprise de plus en plus méfiants. Ils attendent que la situation se clarifie. Les espoirs de la fin d’année sur un accord de transition bien ordonné sur le Brexit avec les Européens sont en train de s’estomper. Tout cela pourrait jouer à rebours et se solder par des défaillances d’entreprises qui augmenteraient sensiblement en 2018. 

Mais il est peut-être un peu tôt pour pronostiquer de la croissance britannique ? 

C’est une objection pertinente, sachant que les trimestres ne se ressemblent pas. Pour autant, ce qui est inquiétant c’est que la plupart des prévisions tablent sur un ralentissement de plusieurs années du rythme de croissance outre-Manche. Pour un pays qui est plombé par une dette publique et des ménages qui monte à 140 %, et dont la productivité reste en panne, c’est ennuyeux. Du coup, c’est l’attentisme qui a toute chance de l’emporter dans les mois à venir. Et la banque centrale qui devait remonter les taux directeur dans quelques jours, comme l’a fait la banque centrale américaine, pourrait s’abstenir de la mettre en oeuvre…Attendre, encore, des signes de reprise plus solides avant d’intervenir.

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