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Les usagers de la SNCF en quête de transports de substitution.

S'il y a des convergences syndicales, il est trop tôt pour parler de convergence des luttes

2 min
À retrouver dans l'émission

Réformes des entreprises et des statuts au coeur des mobilisations sociales.

Les usagers de la SNCF en quête de transports de substitution.
Les usagers de la SNCF en quête de transports de substitution. Crédits : Franck Fernandes - Maxppp

Va-t-on-assister à un printemps social avec l’accumulation d’appels à la grève ?  De la Sncf aux universités  en passant par Air France, le secteur de l’énergie et celui des déchets,  l’agenda social  se charge en mobilisations multiples.

A l'évidence, on change d’horizon. Qu’est ce qui réunit ces mouvements ? Pour l’essentiel le  rejet de réformes qui sont en cours ou en projet sur le mode de la libéralisation. C’est le cas pour celle de la concurrence à la Sncf, la déréglementation sur le marché de l’énergie, la privatisation qui s’accélère dans la gestion des déchets…Et c’est dans les universités la réforme des  conditions d’accès qui a amené des groupes à bloquer l’entrée aux cours…Certains mouvements ont démarré il y a plusieurs semaines : chez Air France depuis le 22 février,  et dans ces cas  l’objectif des organisateurs est d’amplifier le mouvement en profitant de la conjonction de plusieurs foyers de contestation…

C’est ce qui ressemble au principe de la convergence, la convergence des luttes.

C’est l’impression que ça peut donner. On en est pourtant encore loin. A l’exception de la SNCF où les principales centrales syndicales se sont rejointes afin d’appeler à la grève sur la fixation d’un calendrier trimestriel,  et à Air France où les organisations syndicales affichent en ce moment un front commun de revendications sur la revalorisation des salaires, ailleurs on est en mode dispersé. C'est très confus dans les universités.  Chez les gaziers, les électriciens, les éboueurs, c’est une organisation syndicale, la Cgt qui joue les chefs d’orchestre afin de pousser à la création d’un nouveau service public. Elle le fait sur un calendrier qui doit se dérouler jusqu’en juin, manière de se calquer sur celui des autres mouvements sociaux, mais pour l’instant elle est seule en lice.  Rien ne prouve que les mouvements lancés ici et là convergeront sur des actions communes.  

Il n’empêche que derrière les revendications des uns et des autres, la question du statut des agents revient en écho… 

On assiste à une inquiétude autour du statut des personnels, inquiétude issue de la réforme de pans entiers d’entreprises qui relevaient auparavant du secteur public…et  d’entreprises nationales  qui sont devenues partiellement  ou majoritairement privées. Mais dans la mesure où l’Etat actionnaire reste incontournable, qu’il garde son influence, que nous sommes dans les industries des transports, de la mobilité, de l’énergie, tous secteurs stratégiques, toute mobilisation sociale prend des proportions considérables…Pas seulement sociales, mais économiques, politiques et financières aussi.   

Ce qui rend d’autant plus compliquée la résolution des problèmes. 

A condition qu’il y ait une réelle amplification de ces mouvements, qu'ils deviennent majoritaires. Qu’il y ait intérêt commun et convergence de vue. Or, c’est la Cgt qui est ouvertement à la manœuvre. Faute d’avoir fait plier le gouvernement sur les ordonnances à la rentrée de septembre, elle tente de rejouer les appels à durcir la mobilisation qu’elle avait lancée contre la réforme du travail, El Khomri. Une nouvelle tentative dans l’espoir de  se relancer et d’essayer de regagner le terrain perdu aux élections professionnelles. Pari qui reste ouvert…

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