LE DIRECT
Le cirque traditionnel reste populaire mais doit s'adapter à l'évolution des mentalités.

Il y a du tirage sous les chapiteaux de cirque

3 min
À retrouver dans l'émission

Le cirque traditionnel est en perte de vitesse. L'institution Pinder vient d’être placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Créteil (Val-de-Marne).

Le cirque traditionnel reste populaire mais doit s'adapter à l'évolution des mentalités.
Le cirque traditionnel reste populaire mais doit s'adapter à l'évolution des mentalités. Crédits : Remy Gabalda - AFP

Est-ce la fin d’une époque : celles des cirques traditionnels ? Après la mise en liquidation judiciaire du cirque Pinder, et la réorganisation d'une branche du cirque Bouglione, sans animaux sauvages, la question est posée. 

Une transformation de l’économie du cirque qui s’observe dans de nombreux pays. Elle part du rebond d’une critique qui s’est diffusée à l’échelle mondiale : celle de la présence d’animaux sauvages; on voit une montée des interdictions. C’est plus de 40 pays qui aujourd’hui interdisent les spectacles d’animaux. Et pas seulement en Europe, Autriche, Belgique, Suède, Grèce. L’Inde, l'Australie, le Pérou les ont rejoints. Et dans le même temps, il y a des villes qui se sont mises à éloigner les cirques de leurs centres urbains pour les refouler en périphérie, quand elles ne les ont pas carrément écartés. Elle l'ont fait la plupart du temps en invoquant des motifs d’espace insuffisants, de bruit ou autre nuisance sanitaire. C’est un fait que les organisateurs de cirques se heurtent de plus en plus à des oppositions de municipalités, parfois de grandes comme New York ou Los Angeles, ou de villes très moyennes, lesquelles sont indispensables aux cirques. 

Mais les effets de la crise y seraient aussi pour quelque chose… 

La réduction des dotations des collectivités sur fond d’économie budgétaire est l’une des clés d’explication car le cirque est considéré comme le parent pauvre de la distribution de crédits en provenance du ministère de la Culture, si l'on met à part les spectacles contemporains.

Clairement, les cirques avec animaux n’ont plus la cote des pouvoirs publics et des collectivités. On assiste en fait à une conjonction de causes qui fragilisent les cirques. L’instauration de la semaine de 4 jours qui réduit la fréquentation scolaire, les comités d’entreprise qui réduisent leurs dépenses alors qu'ils sont l’un des promoteurs centraux des cirques par les billets qu'ils achètent en groupe. 

Pourtant la fréquentation des cirques reste importante !

On parle de 14 millions de spectateurs en France. Oui, cela se chiffre par millions. C'est le deuxième divertissement collectif après le foot. 13 millions de personnes qui se déplacent pour des spectacles traditionnels, à peine un million en direction du cirque d’avant-garde, pourtant nettement plus aidé. Or, le cirque traditionnel avec animaux revient plus cher aux propriétaires compte tenu des coûts de transport, hébergement, alimentation et assurance qu’ils représentent. D’après les patrons de cirque, pour dix euros dépensés, le spectacle lui-même ne revient guère qu’à un euro. Et c’est le montant global des frais de cette activité qui conduit de grands cirques à revoir leur modèle économique. 

Cela ne débouche pas forcément sur une fermeture....

Elle peut être provisoire comme celle qui semble se dessiner pour le cirque Pinder. L’an dernier, c’est un des Bouglione qui s'est lancé dans l'éco cirque, avec des représentations sans animaux sauvages. Aux Etats-Unis, c’est aussi sous cette pression, forte, d’associations écologistes, que le célèbre Barnum américain a fermé ses portes.

Quelle contrepartie alors pour les organisateurs ? C’est de diversifier l’offre en y substituant des spectacles plus contemporains, tout en gardant le cap de fortes attractions, et des enchaînements dynamiques.Tout l’enjeu des directions de cirques va maintenant se cristalliser sur les moyens à déployer pour des spectacles plus novateurs sous la toile.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......