LE DIRECT
La formation professionnelle au coeur de la rénovation sociale annoncée par le gouvernement.

L'acte II de la "rénovation du modèle social" arrive dans l'hémicyle

3 min
À retrouver dans l'émission

Les députés planchent sur la refonte de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

La formation professionnelle au coeur de la rénovation sociale annoncée par le gouvernement.
La formation professionnelle au coeur de la rénovation sociale annoncée par le gouvernement. Crédits : Christophe Simon - AFP

C’est l’un des engagements de la campagne d’Emmanuel Macron qui vient d’entrer en débat à l’Assemblée nationale. Les députés ont entamé hier les discussions autour de la réforme de la formation  professionnelle et de l’apprentissage. Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, promettait un big bang lors de la présentation du projet en mars dernier. Y voit-on plus clair ?

Avec la pluie d'amendements qui arrivent, pas encore: c'est qu'on sort de ce que les professionnels appellent un véritable maquis de textes, de responsabilités croisées, de procédures imbriquées entre plusieurs organismes. Du reste, ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement essaie de le réformer. Le principe dominant étant de  simplifier en partant des besoins de qualification, et faire en sorte que chacun puisse s’adresser directement aux prestataires de formation tout en voulant  donner la priorité à ceux qui en sont les plus éloignés : les travailleurs les moins qualifiés. Ceux-là dont le taux de chômage est trois fois supérieur aux autres…  Autrement dit établir le droit à la formation sur de nouvelles bases:  c’est  en ce sens qu’on a parlé dès le lancement de ce chantier d’un chamboulement…Ce chantier, il s’est cristallisé autour du compte personnel de  formation. A peine né, puisqu’il remonte au début de 2015, ce dispositif qui remplace le Dif , le droit individuel à la formation, est en passe d’être remanié : il ne sera plus alimenté en heures mais en euros dès l’année prochaine. Pour le gouvernement, cela présente l’avantage de mesurer la contrepartie monétaire de la formation, de le rendre plus proche avec la création d’une application permettant de connaitre en temps réel les  droits individuels acquis.  Les syndicats, eux, craignent que la monétisation en fait limite les droits des salariés.   C'est un point de friction.

Plus largement, la réforme s’est étendue au mode de financement et de gouvernance

Avec une simplification pour les entreprises qui ne devraient plus payer qu’une seule taxe  pour la formation professionnelle et l’apprentissage, contre deux actuellement. Et une modification des Opca, ces organismes paritaires qui figurent au centre de la formation : d’instance de décision ils sont appelées à avoir un rôle d’orientation et d’accompagnement des salariés, d’appui aux entreprises et plus globalement de prévision des besoins futurs en emploi… 

Mais on voit qu’il y a des tensions qui perdurent entre les régions et les branches professionnelles

c’est l’un des points de fixation qui reste vif entre les présidents de région et les représentant des entreprises, les  organisations patronales. Le projet consiste à permettre aux entreprises d'avoir la main sur l'apprentissage, en partant des besoins en emplois,  contre celui des régions qui voulaient continuer à piloter le dispositif au niveau de l’apprentissage …. Cela fait partie des débats qui vont être émaillés d’amendements par centaines… Et au-delà, il va s'agir de trouver des points d'accords sur le statut des indépendants, sur la place des handicapés dans la formation, sur les travailleurs à mi-temps, ceux qui sont sur des plateformes numériques...Tout cela en lien avec une réforme de l'allocation-chômage.

C'est dire que la simplification n'évite pas d'aborder des situations fort complexes !

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......