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Presstalis incarne un modèle de distribution coopératif qui irrigue le secteur de la presse.

Les déboires de Presstalis : le groupe de distribution de presse à l'heure d'un nouveau plan de restructuration

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Un modèle économique qui pose question sur l'ensemble de la filière.

Presstalis incarne un modèle de distribution coopératif qui irrigue le secteur de la presse.
Presstalis incarne un modèle de distribution coopératif qui irrigue le secteur de la presse. Crédits : Johanna Lanzeroti - Maxppp

C’est une partie de l’avenir du secteur de la presse qui est en train de se jouer en ce moment. Un plan de restructuration vient d’être présenté au  Comité central d'entreprise du groupe Presstalis. Il s'agit d'un nouveau plan qui prévoit la suppression de 114 postes de travail, sur un premier volet, après des années de crises successives où l’Etat est venu a la rescousse de ce groupe de 1200 salariés. C'est que les  enjeux sont considérables ! Le lecteur de journaux qui se rend à son kiosque ou qui achète un périodique dans les rayons d’un magasin ne sait pas que, en amont  de son achat, il y a un très gros distributeur : Presstalis, longtemps connu par ses initiales,  NMPP, ( les Nouvelles Messageries de la presse Parisienne), qui irriguaient aussi les régions…Aujourd’hui Presstalis achemine quelque 4000 titres sur 25 000 points de vente. Le groupe est incontournable, même s’il a un concurrent, les MLP (les Messageries Lyonnaises de Presse)…Le problème, c’est que ces points de vente, kiosques, bureaux-tabacs, librairies, diminuent au rythme d’un millier par an…Ils diminuent sous l’effet de la concurrence de la presse numérique, des gratuits, de la dispersion même de points de vente en grande surface, et que la rentabilité générale du secteur est secouée par la banalisation d’offres commerciales qui compriment les marges des opérateurs…. 

Mais comme c’est le distributeur qui  occupe la position centrale dans ce système, qui est le pivot du secteur, les problèmes de financement se répercutent sur toute la filière, en passant par les dépositaires. 

Les pouvoirs publics ont pourtant essayé de trouver des solutions.

Et pour cause. Si le groupe Presstalis est au centre du système, c’est qu’il est lui-même l’héritier de toute une histoire qui remonte à l’après-guerre avec une loi, la loi Bichet, qui est censée garantir un système de  distribution de presse pluraliste et le faire sur le fondement d'un système coopératif de distribution mutualisant les coûts. Or, ce système s'est fragilisé au fil du temps et s’est détraqué avec le déclin de la presse papier, entraînant des plans d’économies et de fermeture de centres, face auxquels les personnels de Presstalis ont souvent répondu par des actions de blocage. Jusqu’à une trentaine en 2012. Et Presstalis a été remis provisoirement en selle au prix de plans de départs jugés plus acceptables par les intéressés, non sans que l’Etat vienne à la rescousse, en jouant sur les aides financières et que les éditeurs mettent aussi la main à la poche.  Faute de régler les problèmes sur le fond, l’Etat a aussi essayé de clarifier les règles du jeu sur la base de plusieurs rapports, lesquels n’ont pas empêché la dernière crise lorsque Presstalis, l’an dernier, s’est retrouvé au bord du gouffre financier... Au point de geler une partie des règlements à ses clients. Ils ont alors crié à la prise d’otage…Fortement remontés les kiosquiers et les petits éditeurs de presse…

Comment alors parvenir à un consensus ? 

Cela prendra forcément du temps et quelque médiateurs de plus. Le temps de faire évoluer un modèle  qui se réclame de l’économie coopérative,  qui se prétend performant, le meilleur pour la distribution aux yeux du  syndicat du Livre,  mais qui reste lourd dans son fonctionnement, opaque au niveau de ses coûts et de ses rémunérations effectives. De quoi  générer du mécontentement au bout de la filière avec des diffuseurs, les marchands de journaux, qui s'estiment peu rémunérés, au prix de fortes contraintes et des conditions de travail difficiles…C'est finalement toute la filière qui est concernée, et à l'arrivée, le lecteur.

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