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La Banque de France estime à 2,3 % la croissance du second trimestre.

Les grèves ne risquent pas de faire dérailler la croissance

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À retrouver dans l'émission

Les prévisions maintenues pour le second trimestre.

La Banque de France estime à 2,3 % la croissance du second trimestre.
La Banque de France estime à 2,3 % la croissance du second trimestre. Crédits : manuel Cohen - AFP

La croissance résiste relativement bien aux  grèves, c’est l’enseignement que l’on peut tirer des dernières estimations de la banque de France. Elle évalue à 0,3 % la croissance du second trimestre. Autant que le premier. Il n'y aurait pas d’impact des mouvements sociaux qui soit perceptible ? 

A la lumière de ces projections, quasiment pas. Pour le mois d’avril la banque de France observe même que la production industrielle accélère un peu. Dans la  chimie, l’aéronautique, les équipements électriques également, dans le bâtiment aussi ….Dans les services, les professions du conseil et de la publicité, l’activité tourne bien. Ce n’est pas le cas dans l’hébergement et la restauration où là on peut y lire un premier impact des grèves…

Des observations qui ne sont pas tout le temps en phase avec celles des chefs d’entreprise.

Avec des inflexions. Prenez le secteur du bâtiment. Les entreprises artisanales traversent des difficultés pour acheminer leurs matériaux. Les producteurs de céréales se plaignent des surcoûts qui leur tombent dessus faute de camions disponibles bien souvent. Chez les professionnels des technologies d’équipements pour la production industrielle, on évoque une nette contraction des commandes chez les fournisseurs de machines-outils, et l'on pense que les fortes croissances sont derrière nous. Les professionnels du transport routier de marchandises enregistrent un net fléchissement au premier trimestre. Ils s’attendent à ce que leur activité régresse. Pour autant, et même si le prix des carburants est à la hausse, ils sont en recherche de main d’œuvre. Activité en repli peut-être, mais qui continue d’embaucher en même temps. L'impression générale n'en reste pas moins favorable.

D'une manière générale, comment les entreprises voient-t-elle l'activité du mois de mai ? 

Moins dynamique, avec une croissance qui devrait se stabiliser, mais à un niveau relativement élevé. Le point haut de la conjoncture serait dépassé. 

Finalement la question est surtout de savoir dans quelle mesure les prochaines semaines, sous la pression des grèves, ne vont pas finir par peser vraiment sur l'économie. C’est qu’il est encore difficile d’isoler l’effet de la grève. D’autant plus que sa forme est inédite. Il ne s’agit pas d’une grève perlée, comme on l’entend dire, mais discontinue. Elle perturbe sans réussir à désorganiser apparemment. Ce qui signifie que l’impact est moindre. 

Ce qui rend les comparaisons aléatoires ? 

Pour le moins: entre mai 2018 et mai 1968, les impacts sur l’économie n'ont rien à voir:

Une perte de production de 5 % en 1968,  ce qui est considérable, mais vite résorbée dans les mois qui ont suivi. C’est une période où la croissance pouvait grimper à plus de 7 %. Un taux à la chinoise ! Rien à voir avec les 1 à 2 % qui ont cours selon les années. 

50 ans plus tard, les grandes économies ont changé, aucune comparaison qui vaille.

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