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Le pétro va-t-il prendre le relais du bolivar miné par des dévaluations en cascades.

Le Vénézuela joue-t-il son avenir sur une monnaie virtuelle, le petro ?

3 min
À retrouver dans l'émission

La cryptomonnaie est en vente avec un pétro indexé sur le baril de pétrole.

Le pétro va-t-il prendre le relais du bolivar miné par des dévaluations en cascades.
Le pétro va-t-il prendre le relais du bolivar miné par des dévaluations en cascades. Crédits : David Fernandez - Maxppp

Le top départ au Vénézuela du Pétro, la monnaie virtuelle que lance aujourd'hui  cet Etat pour répondre à un manque de liquidités. La première phase de  mise en vente est fixée à 60 dollars l'unité et  va s'étaler  jusqu’au 19 mars. Avec au bout la volonté du gouvernement Maduro de retrouver l’indépendance et la prospérité économique. C'est l'objectif affiché. Un pétro pour 60 dollars,  le prix de référence.  Mais  sur quel actif va être adossé cette nouvelle devise ? Eh bien sur les réserves financières en hydrocarbures de ce pays. Comme il détient les plus importantes réserves de pétrole au monde…Plus encore que l’Arabie,  ça en fait un projet a priori crédible. Ce recours à une cryptomonnaie, c’est la volonté du  président du Venezuela dans l’espoir de sortir son pays de la crise économique et sociale. Avec une hyperinflation, à  plus de 1000 %, la banalisation du troc dans une économie en déroute…le pari d’en finir avec les pénuries en  instaurant la souveraineté monétaire, en voulant échapper à celle du  dollar.

En lançant ce pari, quelles sont les  chances de faire repartir l’activité ?

Pour ce faire, il faudrait surtout commencer par inspirer confiance ! Doté d’une telle richesse en pétrole, quand bien même les cours ont chuté,  et les sanctions américaines,  il est difficile de comprendre comment ce pays de 31 millions d’habitants en est arrivé à un état de quasi faillite. La chance de Maduro, c’est de pouvoir adosser la devise sur un élément tangible : principalement le pétrole.  Le problème est de savoir quelle garantie au bout : les acquéreurs ne pourront pas, du moins dans un premier temps l’acheter avec  des bolivars, la monnaie nationale,  qui a perdu  99 % de sa valeur,  mais avec les grandes monnaies en circulation, à commencer par laquelle ? Eh bien le dollar même s’il sera possible d’en acquérir avec des euros et des yens. C’est dire que le Vénézuela va se retrouver plus tributaire encore des investisseurs étrangers s’il veut faire redémarrer son économie. En même temps il n’a pas d'autres choix que de trouver des investisseurs pour sortir de la crise économique.  Mais comment inspirer confiance quand l’opposition tient le petro pour une monnaie illégale et que, depuis près de trois ans, la banque centrale a cessé de publier des  tableaux statistiques, ce qui en dit long sur l’état des finances.  

Une crypto-devise nationale n'est pas la panacée économique 

Une monnaie virtuelle à cette  échelle nationale et sous cette forme, c’est une première. Ce n’est pourtant pas la tentation qui manque, notamment quand on voit les lancements en Afrique de crypto monnaies. Mais ce sont des expériences de monnaies virtuelles qui se copient d’un pays à l’autre. Elles sont limitées. Cela a donné lieu par exemple, à l’émission, au Zimbabwe,  d’un dollar électronique, le « zollar », puis en 2016 du « Bollar », des billets d’obligations indexés sur le dollar. Ils ont rapidement perdu plus de 40 % de leur valeur....Où l’on remarque que toute tentative de se construire une souveraineté monétaire sans disposer d’un matelas financier important et d’une économie  quelque peu florissante, ça fait long feu. Le pari du Vénézuela n’est donc pas gagné d’avance !

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