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La course à la taille passe par des alliances stratégiques durables.

Quelles stratégies d'alliance pour les constructeurs automobiles ?

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A la veille de l'ouverture au public du salon automobile de Genève, les constructeurs se toisent.

La course à la taille passe par des alliances stratégiques durables.
La course à la taille passe par des alliances stratégiques durables. Crédits : Alexandre Marchi - Maxppp
  • A la veille de l’ouverture au public du salon de l’automobile de Genève, les constructeurs se toisent : Dans le trio de tête, la compétition redouble entre les groupes Renault, Volkswagen et Toyota. Au point qu’on ne sait plus trop qui est numéro 1. 
  • Nous avons pourtant entendu Carlos Ghosn affirmer que c’est l’alliance Renault Nissan Mitsubishi qui emporte la première place du classement avec 10 millions 600 000 véhicules…Devant quoi Volkswagen a revendiqué 10 millions 700 000 véhicules ! De quoi semer le trouble…Sauf que le groupe a compté dans son addition les poids lourds. Si l’on s’en tient au marché automobile strict, c’est bien Renault qui fait la course en tête. De ces batailles de chiffres qui peuvent paraître un peu mesquines, quand elles se jouent sur des volumes très proches, que le classement peut varier d’une année à l’autre, mais qui ont un impact certain sur l’image qui est véhiculée dans le monde, sans compter le prestige qui rejaillit sur les Etats. 
  • Avec un paradoxe qui saute aux yeux : C’est Renault qui apparaît mais c’est Nissan qui pèse le plus lourd dans les ventes. 
  • Et pour cause, il s’agit d’une alliance, et que ce que l’on en retient, c’est le succès d’une stratégie qui n’était pas du tout évidente au départ. La réussite est attribuée aujourd’hui à Carlos Ghosn, mais celui qui a eu l’intuition que cela pourrait marcher, c’est un précédent dirigeant, Louis Schweitzer. C’est lui qui a scellé en 1999 un accord franco-japonais qui semblait très risqué. Un pari fou, disait-on alors, Nissan étant proche de a faillite ! Et ça a fonctionné, en rationnalisant les achats et les circuits de fabrication, en aménageant des plateformes auto communes, en réduisant les couts administratifs et en rapprochant les bureaux d’étude. Cette stratégie d’alliance s’est élargie à Mitsubishi…Au bout de laquelle c’est Nissan qui compte pour l'essentiel des ventes mais c’est Renault qui contrôle le capital. Renault qui détient 44 % du capital de Nissan, le japonais ne détenant que 15 % de Renault. 
  • C’est donc par les alliances que les constructeurs peuvent espérer se maintenir dans la compétition.
  • Le fait est que le mouvement s’est accéléré avec la mondialisation qui a débordé l’espace européen et entraîné beaucoup d’alliances, comme l’a fait PSA avec le chinois Dongfeng. Mais une association avec un autre partenaire ne garantit pas l’avenir, à telle enseigne que la plupart des rapprochements ou tentatives de fusion ont conduit à des échecs, que ce soit entre General Motors et Fiat, Daimler Chrysler et Mitsubishi, puis entre Daimler et Chrysler…Cela s’est fréquemment terminé par des divorces. C’est qu’il faut aussi que les cultures d’entreprises convergent, et qu’il y ait confiance entre les équipes, chose qu’il est difficile de prédire… On surveillera du coin de l’œil l’avenir de la firme Opel qui est tombée dans l’escarcelle de PSA, le temps de la mise en œuvre d’un plan de redressement qui va croiser l’’agenda européen avec les effets d’un Brexit qui pourrait compromettre le site de l’usine Opel en Grande-Bretagne. Là encore, une affaire de choix stratégie industrielle et d’entreprise.
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