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Anne-Marie Couderc ne pourra prendre des décisions, mais pourrait ranimer un dialogue social indispensable pour Air France.

Comment ranimer le dialogue social à Air France ?

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Une compagnie où les Pdg croisent régulièrement le fer avec les syndicats.

Anne-Marie Couderc ne pourra prendre des décisions, mais pourrait ranimer un dialogue social indispensable pour Air France.
Anne-Marie Couderc ne pourra prendre des décisions, mais pourrait ranimer un dialogue social indispensable pour Air France. Crédits : Eric Piermont - AFP

Elle n’est à la tête d’Air France que pour le  temps d’un interim:  Anne-Marie Couderc a pris hier ses fonctions à l’issue d’un conseil d’administration du groupe aéronautique à la Défense. Le paradoxe, c’est que de tout côté on entend dire qu’il y a urgence à régler la situation de la compagnie qui a déjà perdu beaucoup d’argent pour cause de grève et qui souffre d’un déficit de compétitivité. Cela est aussi imputable au poids des charges sociales et fiscales , en comparaison avec les autres concurrents, mais aussi de certains choix stratégiques pris à contre temps...Alors même que , voilà quelques mois, les signes d’une amélioration se multipliaient, qu’on tablait sur un retour de son développement, avec le retour des bénéfices, quand bien même ils sont tirés pour l’essentiel par la partie néerlandaise du groupe, qui est minoritaire.

La partie qui va se jouer va être difficile pour Anne-Marie Couderc, même si elle est épaulée par les patrons des deux compagnies respectives. Peut-on dire qu’elle bénéficie d’un état de grâce ? 

Oui, dans la mesure où elle est censée préparer le terrain à un successeur, qu’elle ne devrait faire qu’un passage de courte durée. C’est le choix du prochain patron qui va être difficile, celui qui pourra prendre des décisions. Lorsqu’on regarde en arrière, on voit que les Pdg ont tous, un moment ou un autre croisé durement le fer avec les représentants syndicaux. Pas seulement Janaillac et Alexandre de Juniac avec leurs plans d'économies. A Peine nommé en 1994, c'est Christian Blanc qui frôle l'accrochage avec les nombreuses organisations syndicales. Il veut les rencontrer les unes après les autres. Elles veulent être reçues ensemble. Or, la compagnie est au bord de la faillite. Celui qu’on surnommera "Tornade Blanche" réussit à faire passer un plan de sauvetage par un référendum. Et ça marche, la compagnie gagne en compétitivité, elle renoue avec les bénéfices. Sauf que Christian Blanc ne sera pas suivi par le gouvernement dans son projet de privatisation, et il donne sa démission....Comme l’a fait Jean-Marc Janaillac, mais sans avoir emporté l’adhésion : il n’a  pas été suivi par les salariés.

Pour autant, la différence est que l'on n'est plus dans la même situation, que l’Etat pouvait lui venir en aide, au moins partiellement, que la concurrence des compagnies à bas prix  a changé la donne, et que, entretemps, l’un de ses prédécesseurs, Jean-Cyril Spinetta a réussi à consolider la compagnie en constituant le tandem avec le néerlandais KLM. Mais non sans avoir auparavant lui aussi traversé des épisodes très durs avec les syndicats d’Air France qui ont fait monter la pression au moment du mondial de 98 en déclenchant une grève indéterminée. Là encore il a fallu que le gouvernement vienne à la rescousse.

Et c’est encore la question de savoir quelle peut être le rôle du gouvernement, aujourd’hui… 

Aujourd'hui, on est dans un environnement chamboulé, où les compagnies étrangères montent en puissance,  alors que l’Etat français ne détient plus que 14 % du capital contre plus de 50 % dans les années 90. Mais il  faut aussi composer avec une gouvernance qui reste tributaire du poids des corporatismes nationaux, lesquels n’ont pas dit leur dernier mot. Autrement dit, rien n'est joué !

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