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Emmanuel Macron devant le parlement européen , Strasbourg avril 2018

Emmanuel Macron peut-il faire la leçon à l'Europe ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Alors que la réforme ferroviaire continue son chemin législatif, que la grève des cheminots ne faiblit pas et que le pays est en ébullition, Emmanuel Macron parlait hier devant le Parlement européen de Strasbourg. Mais comment faire la leçon à l'Europe ?

Emmanuel Macron devant le parlement européen , Strasbourg avril 2018
Emmanuel Macron devant le parlement européen , Strasbourg avril 2018 Crédits : Francois PAULETTO / CrowdSpark - AFP

La semaine dernière, des mouvements sociaux ont mobilisé plus de 150.000 personnes entraînant la fermeture de crèches, d’écoles, le non ramassage d'ordures dans les villes ainsi que l'annulation de centaines de vols. Et quelques jours de grève auront suffi pour obtenir ce qu'ils réclamaient. Non, nous ne parlons pas de la France mais de l'Allemagne. Les syndicats du secteur public et le gouvernement fédéral sont parvenus hier soir à un accord salarial sur une hausse de salaires pour plus de 2 millions de fonctionnaires. Les fonctionnaires bénéficieront d'une hausse de quelque 7,5% de leur salaires sur deux ans et demi et les salaires les plus bas bénéficieront d'un versement exceptionnel de 250 euros. En février dernier, c’était le syndicat IG Metall et le patronat qui concluaient un accord pour les travailleurs de la métallurgie portant à la fois sur l’augmentation des salaires et la baisse du temps de travail. Et oui le modèle allemand. L'Allemagne à qui Emmanuel Macron n'hésitait pas hier à dire devant le parlement européen à Strasbourg qu'elle devait se bouger ! Bien sûr on ne parle pas tout à fait des mêmes sujets mais il est difficile de suivre un discours politique extérieure sans regarder ni voir ce qui se passe chez soi.

Sous la critique des Européens

A l'image de cet euro député belge, Philippe Lamberts, co président du groupe des Verts, qui a rappelé au président de la république française , tous les dossiers chauds du moment et la manière avec laquelle il les traite...la loi asile et immigration, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les services publics et de lui rappeler en lui faisant cadeau d'une corde d'escalade, que dans la cordée, le plus important c'est la corde et qu'en France comme en Europe elle n'existe plus et que les premiers de cordées si chers à Emmanuel Macron ne se soucient guère de tous les autres qui dévissent. On a bien du mal à voir cette Europe sociale que Macron appelle de ses vœux même les anglais via les réseaux sociaux exhortent les français à se battre pour leur service public du rail, comme de cette association "We own it" qui défend la renationalisation des chemins de fer outre Manche.

Le projet européen d'Emmanuel Macron à la peine

Il est une chose d'entrer à l'Elysée à 39 ans, il est une autre de réformer l'Europe. "Il va falloir apprendre le compromis" lui disent les conservateurs allemands. Si en France, Emmanuel Macron ne croit pas en la convergence des luttes, si le dialogue social est à zéro, ses vastes projets de refondation de l'Europe se heurte à un roc qu'est l'Allemagne d'Angela Merkel, qu'il s'agisse de la défense commune ou de la zone euro, près d'un an après son élection comme chef de l'Etat français, le temps de la gueule de bois est venu. La réforme de la zone euro, avec la création d'un budget autonome pour aider l'investissement ou un ministre des Finances a du plomb dans l'aile. Le nouveau gouvernement allemand, politiquement très fragile et du coup peu enclin à brusquer son opinion, affiche un scepticisme croissant. Il campe sur son aversion traditionnelle à l'idée de devoir payer pour les autres. La famille conservatrice d'Angela Merkel a dit cette semaine tout le mal qu'elle pensait des projets du président français et posé de strictes conditions à celui visant à créer un Fonds monétaire européen. Même si Emmanuel Macron se démène pour faire passer les dépenses publiques de la France en dessous des 3 %, il pourrait ne pas faire beaucoup mieux avec ses partenaires européens que François Hollande qui avait essayé avant lui mais ça c'était l'ancien monde ? 

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