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Manifestation anti-fasciste à Rome le 24 fevrier 2018 avant les élections legislatives du 4 mars.

L'Italie et les marchés : même pas peur !

3 min
À retrouver dans l'émission

Les Italiens votent dimanche pour élire leurs députés. Des élections au scrutin plus qu'incertain dans un pays où le niveau de tension économique reste élevé et pourtant dans un contexte mouvementé , les marchés n'ont pas l'air de s'affoler.

Manifestation anti-fasciste à Rome le 24 fevrier 2018 avant les élections legislatives du 4 mars.
Manifestation anti-fasciste à Rome le 24 fevrier 2018 avant les élections legislatives du 4 mars. Crédits : Andreas SOLARO - AFP

Les marchés n'auraient ils plus peur de l'instabilité politique ? On se souvient qu'ils s'affolaient frôlant l'hystérie à chaque élection grecque, montraient également pas mal de fébrilité avant les élections françaises avec la menace de l'arrivée au pouvoir du Front National , l'Espagne et la Catalogne leur avaient donné des boutons mais apparemment l'Italie ne semble pas les inquiéter. Peut être s' y sont ils habitués ? Ou sont ils dopés par les prévisions optimistes de croissance mondiale ou l’excès de liquidités en circulation ?  Ils sont à priori particulièrement calme. La Bourse Italienne affiche même la meilleure performance des places européennes cette année. Le spread reste stable , l’écart de taux entre les emprunts d'état à 10 ans allemands et italiens s'est à peine creusé , il reste a son niveau moyen du mois de novembre. Les banques italiennes dans la tourmente en 2016 seraient en voie de guérison estiment les observateurs économiques bref les marchés à 4 jours des élections ont l'air quand même étrangement calme au point de se demander , sans évidement s'en plaindre , si les marchés ne seraient pas en plein déni. 

Des élections à haut risque

Sur le front politique, l'Italie de 2018 présente à peu près tous les symptômes de la crise des démocraties occidentales. Constat à peu près unanime dans toute la presse : Affaiblissement des partis politiques traditionnels, montée des extrêmes, vogue des candidatures anti-système, désaffection de l'électorat et taux d'abstention record. Avec, en prime, une spécificité locale : la percée de forces néofascistes. Le parti populiste et eurosceptique le mouvement 5 étoiles qui effraie le plus les marchés et qui faisait encore très peur il y a quelques mois , n'aurait aujourd'hui que très peu de chance d'obtenir une victoire nette dans ces élections selon les commentateurs politiques ce qui expliquerait la relative sérénité des marchés...qui peut être , une fois n'est pas coutume attendent de voir pour y croire.

L'économie italienne va t-elle mieux ?

L'économie italienne, qui a connu une sévère récession en 2012 et 2013, a repris de la vigueur. La troisième économie de la zone euro a enregistré l'année dernière la plus forte hausse de son Produit intérieur brut en sept ans, à 1,4% et même si en terme de croissance, la péninsule est loin derrière les 2,5% de la zone euro l'an passé , que selon les estimations de la Commission européenne, elle a même été bonne dernière en 2017 , des actions ont déjà été entreprises ces dernières années par les gouvernements de centre gauche de Matteo Renzi puis Paolo Gentiloni. Avec un certain succès: de 2012 à 2017, l'Italie est passée du 87e au 46e rang dans l'indice de la Banque mondiale pour la facilité à faire des affaires, même si notons le au passage , elle reste encore derrière la Roumanie ou la Moldavie. Son marché du travail a été rendu plus flexible par le Jobs Act. Le taux d'impôt sur les bénéfices des entreprises a été abaissé de 27,5% à 24% , largement inférieur à la France avec ses 33,3%. L'italie n'est pas pour autant sortie d'affaire. Son taux de chômage a dépassé les 10% , les emplois y sont de plus en plus précaires , le marché est complètement polarisé entre les entreprises innovantes qui galopent et celles qui n'ont pas investi dans les nouvelles technologies qui sont hors course. Le nouveau gouvernement aura bien du pain sur la planche mais pour l'heure tous les partis en lice pour ces élections ont promis des baisses d'impôts spectaculaires qui ne font pas bon ménage avec le déficit public et la dette déjà la deuxième plus élevée de la zone euro. A n'en pas douter les marchés ne vont pas tarder à se réveiller. Le réveil pourrait être brutal ! 

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