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Nouvelle usine de la chocolaterie Cémoi en 2009

Plus d'ouverture d'usines que de fermetures en 2017. La France se réindustrialise ?

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Une bonne nouvelle pour l'industrie française : en 2017 on a ouvert plus d'usines qu'il n'en a été fermé indique l'Observatoire de l'Investissement Trendeo. Des usines qui changent sont-elles le signe d'un véritable mouvement de réindustrialisation ?

Nouvelle usine de la chocolaterie Cémoi en 2009
Nouvelle usine de la chocolaterie Cémoi en 2009 Crédits : PHILIPPE ROUAH - Maxppp

Le début d'année a été marqué par de nombreuses annonces de plans sociaux et de restructurations des groupes. Castorama , Pimkie , Solocal...marqué également par des fermetures d'usines , Tupperware à Joué les Tours , Ford qui annonce la fin de tout investissement dans son usine de Blanquefort , pas vraiment de quoi être optimiste et pourtant les chiffres le montrent il y a eu plus d'ouvertures de sites que de fermetures l'an dernier. 100 sites industriels ont fermé leur portes 125 se sont montés , ce qui fait donc un solde légèrement positif de 25 usines. Au vu de la casse des quinze dernières années , ce chiffres bien que modestes est plutôt encourageant quand on sait d'où on vient , pour rappel en 2009 , au plus fort de la crise plus de 380 usines avaient été rayées de la carte industrielle et même si l'on observe depuis 2014 un léger redressement , la France compte encore 580 usines de moins qu'en 2008. 

Quels sont les secteurs qui résistent ?

Résister , c'est le sentiment qui se dégage car ce n'est pas tant qu'il se crée plus d'usines mais surtout qu'il s'en ferme moins. L'industrie agroalimentaires , 29 créations  , 14 fermetures , donc 15 usines de mieux , avec à la clé quelques gros investissements étrangers dans des zones plutôt sinistrées comme la Somme. Arrive ensuite le secteur du traitement des déchets avec 7 créations suivi par l’énergie mais pour l'habillement , le meuble et même la pharmacie le solde reste toujours négatif. Les régions qui profitent le plus de ces créations d'usines sont les Hauts de France grâce à l'automobile , la nouvelle Aquitaine l'Auvergne Rhône Alpes avec la chimie , les pays de la Loire et le Grand Est. Du côté de l'emploi cette tendance permet de confirmer le redressement de l'emploi industriel qui augmente de 16 000 postes en 2017. Les destructions d'emplois observées de 2009 à 2017 restent toutefois encore massives avec la perte de 125 000 postes...

A quoi ressemblent ces nouvelles usines ? 

Ces nouvelles usines sont en fait plus petites et les investissements sont plus modestes ce qui n'est pas signe d'un véritable mouvement de réindustrialisation de la France. Moins de 3 millions d'euros par nouvelle usine et des usines qui ne créent pas beaucoup d'emplois , 49 en moyenne par nouveaux sites. Ces nouvelles usines sont beaucoup plus modernes , beaucoup plus robotisées elles nécessitent donc moins de main d’œuvre mais surtout une main d’œuvre plus qualifiée dans les ateliers quand les créations d'emplois sont plus ciblées sur les ventes et le commercial. Alors pourquoi la reprise n'est elle pas plus franche ? Selon une analyse du journal les Echos , 3 freins minent la reprise de notre production industrielle. Le premier est le taux d'utilisation des usines , en fin d'année 2017 il était d'environ 85% selon L’INSEE , malgré un recours accru aux heures supplémentaires et à l’intérim , les délais de livraisons augmentent et un tiers des chefs d'entreprises se disent désormais confrontés à des problèmes de capacités de production. 

Deuxième frein : la qualité de l'offre. A l'étranger les produits français continuent de souffrir d'une réputation de qualité insuffisante au regard de leur prix , même chose pour notre marché intérieur. Nombre de ménages jugent le rapport qualité prix des produits étrangers plus intéressant. 

Le troisième frein est celui du recrutement. 2 industriels sur 5 disent éprouver des difficultés à embaucher alors même que le pays affiche un taux de chômage de plus de 9%.  

Les chefs d'entreprises vont devoir mettre les bouchées double , dans un environnement de concurrence internationale accrue  les meilleurs s'imposent et les plus faibles disparaissent...Nos fleurons aujourd'hui sont toujours comme hier dans 3 secteurs l'aéronautique , l'agro alimentaire et le luxe. 

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