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En se déplaçant à Abou Dhabi, Edouard Philippe veut encourager l'investissement entre la France et les Emirats.

la France essaie de se poser en investisseur dans les pays du Golfe

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Edouard Philippe plaidera le resserrement des échanges économiques au "World Economic Summit" à Dubaï.

En se déplaçant à Abou Dhabi, Edouard Philippe veut encourager l'investissement entre la France et les Emirats.
En se déplaçant à Abou Dhabi, Edouard Philippe veut encourager l'investissement entre la France et les Emirats. Crédits : Clément Mahoudeau - Maxppp

En route pour les Emirats arabes unis : Edouard Philippe se rend ce week end au « World Governement Summit", un sommet de la gouvernance mondiale. Un rendez-vous qui réunit à Dubaï chefs d’Etat et dirigeants économiques de la planète. Auparavant, il sera à Abou Dhabi, le pendant de Davos au sud,  où il rencontrera des dirigeants politiques et économiques…Et parmi ces rencontres, celles de dirigeants de deux grands fonds souverains émiratis. Ils appartiennent à la catégorie des plus puissants au monde. Des fonds qui pèsent des centaines de milliards d’investissements. Au moins 700 pour les plus importants.  Ils s’intéressent à l’Europe, à la France mais  le plus souvent sur des programmes immobiliers. Certains ont déjà engagé des contributions en direction du Grand Paris par exemple, mais ce que voudrait la France, c’est de s’en rapprocher sur un éventail d'investissements plus étendus et productifs. 

Est-ce le moment d'accélérer les échanges économiques  ? 

Oui, dans la mesure où les émirats, comme les pays du Golfe dans leur ensemble, ont subi le contre coup de la crise pétrolière. Moins de liquidités, des banques qui ont limité les prêts quelles accordaient, des investissements qui  ont reculé. Tout cela a eu pour conséquences de diminuer leurs revenus au point que les rentrées dans les caisses des Etats se sont taries. A court d’argent, les autorités ont coupé dans les subventions. Elles ont aussi taillé dans les dépenses qui devaient alimenter de grands projets. Et dans des pays à très faible fiscalité, il a fallu se résoudre à appliquer une taxe qui était jusqu’à présent étrangère : la TVA. C’est chose faite depuis le premier janvier. Une taxe à 5 % sur toute une gamme de services, au risque de faire monter les prix. Mais c’est la parade qui a été trouvée pour regonfler les recettes des Etats. 

La TVA peut-t-elle suffire à ranimer toutes ces économies ?

Pas complètement pour rétablir leurs réserves de changes qui ont chuté. Mais ce faisant les royaumes du golfe ont pris conscience de l’intérêt qu’ils avaient de repositionner leurs économies. A se dégager de l’emprise quasi absolue des revenus pétroliers et gaziers…autrement dit à trouver d’autres sources de financement que la rente pétrolière, donc à se diversifier.  Et à le faire en élargissant leurs partenaires. C’est là que la France a une carte à jouer. Les économies du golfe étant imbriquées dans la sphère anglo-saxonne, l’ouverture à des investisseurs français peut représenter une opportunité. Il est vrai que la France y vend déjà des avions et des équipements militaires, sauf que ce qui fonde une relation équilibrée, sur le plan économique, c’est de générer des flux commerciaux sur plusieurs secteurs d’activité. De même que les pays du Golfe essaient de se détacher des seuls revenus du pétrole, de même la France a intérêt à élargir ses échanges au-delà des ventes aéronautiques avec les derniers contrats sur des airbus A 380. Pour y parvenir, il faudra du temps. Voilà pourquoi on n’attend pas forcément d’annonces de grands contrats, mais plutôt un resserrement des relations pour  préparer le terrain à des échanges plus fournis et plus diversifiés dans l’avenir.

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