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Comme à Addis-Abeba, La Chine finance beaucoup de laisons ferroviaires et de gros chantiers de communication.

Les nouvelles routes de la soie risquent de plomber les dettes de l'Afrique

2 min
À retrouver dans l'émission

La spirale de l'endettement a repris.

Comme à Addis-Abeba, La Chine finance beaucoup de laisons ferroviaires et de gros chantiers de communication.
Comme à Addis-Abeba, La Chine finance beaucoup de laisons ferroviaires et de gros chantiers de communication. Crédits : Marthe van der Wolf - AFP

Les nouvelles routes de la soie risquent-t-elles de plomber les  dettes de l'Afrique ? La question est posée après l'avertissement  que vient de lancer Christine Lagarde, la directrice du FMI devant des investisseurs chinois et étrangers. De grands  chantiers de communication et d’infrastructures routières, ferroviaires ou portuaires pourraient mettre ces pays dans une situation financièrement intenable. C'est en effet un risque qui est amplifié par le lancement par Pékin de ces nouvelles routes de la soie qui vise à relier la Chine à l’Europe en passant par le Pakistan, l’Asie centrale, la Russie mais aussi l’Afrique. Or les 54 pays du continent, qu’ils soient plus ou moins avancés dans le développement, ont besoin de financements extérieurs. Et des besoins considérables dès lors qu’il s’agit de construire des routes, des voies ferrées, fluviales, avec équipements aéroportuaires. Avec la Chine, c’est l’assurance d’un développement qui joue de plus en plus sur un partage des rôles: emploi de main d'oeuvre local en contre partie de la technologie chinoise,  mais  au prix d’un endettement qui ne  cesse d'augmenter. 

Certes, tous les pays ne sont pas forcément dans cette situation… 

Mais beaucoup parmi ceux qui disposent  de faibles revenus : 11 sur 35 sont dans la tranche des Etats à haut risque de surendettement. Des pays qui se retrouvent fragilisés. Certes,  l’Afrique est déjà sortie dans la décennie précédente de gros problème de surendettement. Mais c’était le plus souvent avec des institutions financières qui, dans les années 2000, ont accepté d'annuler une partie de la dette africaine...Maintenant, il s’agit pour l’essentiel de créanciers bilatéraux, des organismes officiels qui prêtent de l’argent au nom des gouvernements. C’est ainsi qu’un pays comme le Cameroun a annoncé il y a quelques mois que près de 70 % de sa dette publique était détenue par Pékin. Un pays comme le Kenya en est aussi très dépendant : en quatre ans, ses prêts ont augmenté de 54 %.  l'Ethiopie plus encore.  C’est symptomatique d’une grande dépendance.

Mais Pékin en même temps ménage ces Etats, et n’a pas intérêt à les asphyxier !

Bien évidemment, l’intérêt de la Chine est de conserver dans son portefeuille les Etats ayant souscrit des emprunts. Ce qui explique qu’elle a déployé des missions diplomatiques avec la quasi-totalité d'entre eux, davantage que les Etats-Unis. Mais avec la baisse des cours des matières premières, des Etats n'arrivent plus à rembourser.  Or, la spirale de l’endettement de beaucoup de pays ayant repris, ça pose problème. Certains ont accepté d’hypothéquer une partie de leurs matières premières…Ce qui signifie que des prêts peuvent être remboursés en livraison de pétrole, de gaz, de cuivre…Mais cela crée une dépendance qui n’est pas sans risque. Elle peut se résumer en deux chiffres : De 10 milliards de dollars au début 2000, le commerce sino-africain est passé à plus de plus de 220 milliards… Entre les deux, une dette qui grimpe à toute allure.

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