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Mario Draghi s'apprête à mettre fin à une politique monétaire accommodante.

La BCE donne le signal de la fin de l'argent facile

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Avec le retour de la croissance en Europe, la banque centrale européenne va réduire ses achats massifs de dette.

Mario Draghi s'apprête à mettre fin à une politique monétaire accommodante.
Mario Draghi s'apprête à mettre fin à une politique monétaire accommodante. Crédits : Ilmars Znotins - AFP

C’est le message qui était attendu : celui de la banque centrale européenne en direction des marchés avec la fin annoncée d’une politique d’argent généreuse. Celle de la BCE  qui a racheté de la dette sur les marchés à coup de centaines de milliards d'euros. Elle l'a fait parce que les économies européennes se sont relevées depuis trois à quatre ans, qu’il leur a fallu ce soutien de la banque centrale, au sortir de l’épisode des  crises qui se sont succédé après 2008, l’année de la crise financière. C’est-à-dire qu’on est en train de sortir d’un cycle où la banque centrale européenne a racheté des titres de dette sur les marchés à raison de 80 milliards par mois puis une trentaine…Au total plus de 2500 milliards d’euros déversés pour éponger les dettes…C’est l’équivalent du produit intérieur brut annuel de la France ! Un programme non conventionnel  massif mis en œuvre par le patron de la BCE, Mario Draghi qui, lorsqu’il a été lancé, a été bien accueilli des marchés comme des gouvernements: ça a soulagé tout le monde. 

De la sorte, la Banque centrale européenne a facilité la relance des économies

Elle l’a fait en l’accompagnant d’une politique de taux bas, permettant de disposer facilement d’argent, de faciliter les opérations de crédits. Mais au fur et à mesure de l’amélioration des économies, elle a commencé à réduire le montant de rachats, et devrait les stopper d’ici la fin de l'année. Autant dire qu’elle prend son temps, qu’elle manœuvre avec grande prudence et qu’à ce compte-là, le relèvement des taux peut encore attendre...Un an sans doute.  Alors même qu’outre atlantique la Réserve fédérale américaine, elle, a enclenché le processus il y a presque trois ans. Elle l’a fait pas à pas afin d’éviter de de déstabiliser les marchés, avec le même souci de faire remonter l’inflation mais pas trop, juste sous une ligne de 2 %, le bon niveau pour accompagner l'activité. Comme l’inflation remonte en Europe, la banque centrale qui a son siège à Francfort lui emboite le pas.  

Cela veut dire un rapprochement des politiques monétaires américaine et européenne ? 

Oui, dans la mesure où la Banque centrale européenne va resserrer sa politique monétaire comme ont commencé à le faire les Etats-Unis, par petites touches, deux à trois fois par an. On peut décrire cela comme un programme d’accompagnement de l’activité qui n’a plus besoin des béquilles que représentent les taux bas, voire négatifs, et en procédant progressivement on devrait éviter de déstabiliser des économies en meilleure santé et cela, quand bien même on voit que si les taux de croissance européens ralentissent  un peu, il n’y pas de menace de récession à l’horizon. De quoi conforter la banque centrale dans sa volonté de mettre en  œuvre son programme… Et le faire selon la méthode et le style de son président : en préparant les esprits, moins accommodant peut-être mais tout en soupless

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