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La convergence des luttes n'aura pas lieu ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Emmanuel Macron fête sa première année au pouvoir alors que la contestation sociale bat son plein depuis plus de 2 mois. Contestation sociale tous azimuts rythmée par l'intervention musclée des forces de l'ordre et toujours pas de convergences des luttes ?

Depuis mai 68, la jeunesse dans la rue avait toujours été le cauchemar des gouvernements comme la pâte dentifrice. Une fois qu'elle est sortie du tube, il est impossible de l'y faire rentrer... En 2006, le dernier grand mouvement de convergence entre les syndicats et les étudiants avaient eu raison du CPE imaginé par le gouvernement Chirac. Mais ce matin le gouvernement Macron, lui, n'aura pas beaucoup hésité... 

Les forces de l'ordre ont lancé au petit matin une vaste opération pour lever le blocage de l'université de Tolbiac, à Paris, lieu emblématique de la mobilisation contre la réforme de l'accès à l'université. Au moins une centaine de CRS ont pénétré sur le site, une tour de 22 étages occupée depuis le 26 mars, essuyant notamment des jets de bouteilles de verre et autres projectiles dans une ambiance très tendue... Quelques minutes avant le début de l'intervention, les occupants des lieux avaient sonné l'alarme, semant la confusion. Certains se sont retranchés à l'intérieur tandis que d'autres tentaient de s'enfuir en escaladant la grille. Triste tableau tout de même, après celui de Notre-Dame-des-Landes la semaine dernière. Certains y verront un signe de fermeté et du retour de l'état de droit, on y voit en tous cas du désordre et un manque de dialogue patent vis à vis d'une jeunesse en manque d'avenir.

Toujours pas de convergence des luttes

C'est un peu le paradoxe français. Tout le monde râle, ça manifeste mais il n'y pas de cause commune, même le 1er mai chacun défilera dans son coin. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a annoncé hier qu'il ne participerait pas à la mobilisation unitaire souhaitée par la CGT en cette fête du travail, mais il tiendrait un rassemblement avec d'autres syndicats dits réformistes, la CFTC et l'UNSA.  "Aujourd'hui, il y a beaucoup de mécontentements", a-t-il expliqué. "Si on veut aboutir, il faut agir secteur par secteur et ne pas faire la convergence des luttes qui, en termes de revendication concrète pour les travailleurs, ne fonctionne pas. C'est plus une démarche politique qui n'est pas la nôtre." Dans ce contexte, le gouvernement se montre serein.  Emmanuel Macron répète à l'envi sans doute à juste titre qu'il ne croit pas à une "coagulation" des mécontentements et le gouvernement de défendre un dialogue sans "mollesse".

Des perdants et des gagnants

On est loin du dialogue ou alors celui ci a changé de définition. On entend surtout des décisions d'un côté et de la colère de l'autre. Celui qui sera le nouveau patron de Force Ouvrière la semaine prochaine, Pascal Pavageau déplore dans une interviews aux Echos ce matin,  le mépris d'Emmanuel Macron pour les syndicats en général et le paritarisme en particulier, à l'image de la décision du gouvernement d'encadrer les futures négociations de l'Unedic. La méthode Macron dit-il c'est " je pense donc tu suis ". La question reste alors jusqu'à quand allons nous suivre ? puisque tout le monde où presque aura eu sa réforme cette année , les cheminots , les hôpitaux , les étudiants , les fonctionnaires , la justice , les migrants bientôt les retraités et rajoutons l’audiovisuel public , mais j'en oublie sans doute...

En attendant, les Français s'organisent avec le calendrier de la grève perlée des cheminots, des dizaines de milliers d'usagers contournent l'obstacle en négociant avec leur employeur la possibilité de bosser chez eux, en empruntant les bus low cost ou en découvrant les délices du covoiturage, du vélo ou de la marche. Là où on espérerait une main tendue, une pause pour s'écouter malheureusement tout semble fait pour qu'à la fin il n'y ait que des perdants et des gagnants. 

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