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Voitures neuves stockées près du port de Richmond, en Californie, aux Etats-Unis.

La nouvelle attaque de Trump

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Après l'acier et l'aluminium début mars, Donald Trump s'en prend maintenant à l'automobile. Le président américain a demandé l'ouverture d'une enquête sur les voitures importées qui pourraient être taxées jusqu'à 25%. La guerre commerciale semble belle et bien déclarée.

Voitures neuves stockées près du port de Richmond, en Californie, aux Etats-Unis.
Voitures neuves stockées près du port de Richmond, en Californie, aux Etats-Unis. Crédits : JUSTIN SULLIVAN - AFP

Tous les économistes vous le diront : il est toujours dangereux de déstabiliser l'équilibre économique des pays. Cela mène à du chômage, des troubles sociaux, des crises politiques, des crises migratoires et des tensions qui peuvent mener au pire, une guerre. La guerre, c'est l'un des arguments d'ailleurs évoqués par l'administration Trump qui a demandé l'ouverture d'une enquête sur les voitures importées au prétexte de l'existence d'un risque pour la sécurité nationale. Selon le porte-parole du président américain, "la force de l'industrie américaine a permis au pays de gagner la seconde guerre mondiale et par conséquent il faut garder toute la chaîne logistique automobile ici. Si Dieu nous en garde nous devions être en guerre". Arguments qualifiés de farfelus par l'Europe, très légers et même absurdes par le Canada qui, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, se demande bien quelle menace son pays pourrait faire peser sur la sécurité de son voisin.

Quel impact ?

Le Canada par exemple est en pleine renégociation de l'Aléna, l'Accord de Libre-Echange Nord-Américain et achoppent actuellement justement sur le dossier automobile. Selon les plus récentes statistiques canadiennes, les exportations automobiles du Canada ont chuté de 5% en mars tandis que ses importations étaient en hausse de 12%. La confiance désormais vacille et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a réaffirmé que le Canada devait réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis, où le pays écoule 75% de ses marchandises. Il a identifié la Chine comme son premier objectif. La Chine, justement, où l'on vient d'apprendre que le Secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, se rendra la semaine prochaine. La Chine et les États-Unis ont convenu la semaine dernière d'un armistice dans leur guerre commerciale annoncée. Que nous vaut cette accalmie soudaine ? Lors de négociations à Washington, la délégation chinoise a promis d'augmenter les importations de produits américains en Chine. Elle n'a pas encore fixé d'objectif chiffré mais Donald Trump a exigé que Pékin réduise de 200 milliards de dollars son excédent commercial bilatéral.

Et l'Europe ?

Avec ce nouveau front ouvert sur l'automobile, c'est l'Allemagne qui est visée. Cela fait longtemps que les Américains ont nos voisins d'Outre-Rhin dans le collimateur et qu'ils ne cessent à chaque G20 de leur demander de réduire leurs forts excédents commerciaux. Depuis près de 20 ans, le solde de la balance commercial allemande ne cesse d'augmenter pour atteindre aujourd'hui les 8% de PIB et les Allemands ne semblent pas prêts à desserrer les cordons de la bourse. Mais punir l'Allemagne risque bien de pénaliser toute l'Europe et semer la zizanie et discorde entre pays membres, jeu plus que dangereux à un an de ses élections.

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