LE DIRECT
Les syndicats FO et CFDT appellent à la grève chez Carrefour. Un mouvement relayé par la CGT qui mobilise séparément.

Les magasins Carrefour rattrapés par un mouvement de grève

2 min
À retrouver dans l'émission

Entre politique salariale et actionnariale, quelle place pour la participation ?

Les syndicats FO et CFDT appellent à la grève chez Carrefour. Un mouvement relayé par la CGT qui mobilise séparément.
Les syndicats FO et CFDT appellent à la grève chez Carrefour. Un mouvement relayé par la CGT qui mobilise séparément. Crédits : Boris Horvat - AFP

Il a souvent été prétendu que la participation aux bénéfices de l’entreprise pourrait jouer comme un frein à la contestation syndicale. Or, avec l’appel à la grève lancé ce week-end de Pâques chez Carrefour par les syndicats FO et CFDT, c’est l’inverse qui se produit et cela pose question... 

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette consigne lancée dans une grand enseigne commerciale, arrive mal pour le gouvernement. Il est à quelques semaines de la présentation du projet de loi PACTE qui comprend un volet sur l’intéressement et la participation. Il vise à la renforcer, à l’étendre en direction des PME, celles de moins de 50 salariés, les plus nombreuses, là où la participation est minoritaire. C’est qu’elle n'est pas obligatoire. Le fameux effet de seuil que le gouvernement voudrait corriger. Mais encore faudrait-il rendre la participation plus attractive pour les employeurs. Le projet consisterait notamment à  baisser le forfait social : c’est-à-dire un prélèvement que l’Etat effectue sur les régimes d'intéressement et participation.

Promouvoir une formule de participation plus incitative ?

Cela reviendrait à généraliser une formule d’association du personnel aux bénéfices,  qui remonte au gaullisme avec une grande ambition, mais qui n’a jamais pris une très grande ampleur. Certes, on estime que 55 % des salariés du privé sont couverts par des accords de participation, ils sont donc plusieurs millions dans ce cas qui se partagent quelques 16 milliards d'euros.  En moyenne cela représente 2400 euros par personne. Ce sont des sommes versées sous forme de primes délestées de charges sociales : ce n’est pas du salaire. C'est une rémunération complémentaire.  Mais on s’aperçoit que les montants ne progressent pratiquement plus. Alors que les bénéfices  des entreprises, surtout les plus grandes d’entre elles, augmentent et pour certaines énormément.

Mais ce n’est plus le cas chez Carrefour qui vient d'essuyer des pertes.

Après plusieurs années de hausses des bénéfices, c’est vrai que le distributeur a essuyé des pertes en 2017 à hauteur de 531 millions. C’est le principal argument qu’il met en avant pour justifier la diminution de primes qui, de 610 euros ont fondu à  seulement 57 ,avant que, sous la pression syndicale, la direction remonte au-delà de 400… Mais cela n’a pas suffi à désamorcer le mécontentement. 

Dans tous les cas, ce qui se passe chez Carrefour pose question.

Il ne suffit pas de vouloir associer les salariés à la marche de l’entreprise. Encore faut-il savoir à quelles conditions et sous quelles modalités. Il est établi dans les textes qu’une entreprise qui fait des pertes n’a pas à verser de participation.  Mais les salariés, eux, ont une autre approche : ils voient un grand différentiel entre des actionnaires qui ont touché ces dernières années de gros dividendes et un groupe qui supprime des emplois en restructurant à tour de bras pour baisser les coûts. 

Ce qui pose un vrai dilemme entre ceux qui prônent une participation où les salariés auraient, disent-ils, leur juste part, du moins quand les choses vont  mieux…C’est la position du gouvernement.. Mais que se passe-t-il quand ce n’est pas le cas ? Conflit entre deux logiques, actionnariales, avec prise de risques sur le capital, et salariales qui ont bien du mal à se rencontrer

L'équipe
À venir dans ... secondes ...par......