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Aux yeux de la Commission européenne, le budget de la France  est "à risque".

Les bons et les mauvais élèves de la classe budgétaire selon Bruxelles

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À retrouver dans l'émission

La France doit encore convaincre de sa capacité à tenir sa trajectoire financière.

Aux yeux de la Commission européenne, le budget de la France  est "à risque".
Aux yeux de la Commission européenne, le budget de la France est "à risque". Crédits : Jean-Luc Flémal - Maxppp

Les bons et les mauvais points : séance de distribution des prix hier avec les analyses budgétaires de la Commission européenne sur les budgets des Etats de l'Union. Au nord de la zone euro, la plupart des pays ressortent avec des notes positives. En revanche, de la France aux économies du sud les critiques abondent.

On est à peine dans ce type de schéma, un peu caricatural, car il souffre de quelques exceptions  mais on voit bien le contraste qui perdure et qui, plus inquiétant,  se renforce  entre des économies du nord bien en cour pour leur gestion des finances publiques, et celles qui ont toujours du mal à rentrer dans les clous.  On va s’arrêter sur les perdants du tour de l’équilibre budgétaire.  Italie, France,  mais aussi Portugal, Belgique, Autriche et Slovénie. A première vue on ne voit pas très bien ce qui rassemble ces états dans la catégorie des mauvais élèves car leur situation est très hétérogène ! 

Ils ont tous réduit leurs déficits, mais insuffisamment, notamment pour  la France. 

Ou alors avec quelques ratés, comme l’Espagne, mais ils sont presque tous passés sous la barre des 3 % . Après quoi, vu de Bruxelles on aligne ceux qui ne continuent pas à faire la chasse  systématique aux déficits. C’est la tendance qui compte. Il ne suffit pas d’arriver une année avec un déficit présentable, il faut renouveler l’exercice, et cela c’est difficile. Car il suffit de circonstances exceptionnelles pour que ça remonte. Renflouements d’établissements bancaires en Italie et en Slovénie, afflux de migrants en 2015-2016 en Autriche, Renforcement des dépenses pour la sécurité en France... Cela pèse sur les finances publiques, ça ralentit les efforts. Ce qui signifie qu’il faut pouvoir justifier le moindre écart sur les déficits. 

Mais la Commission est aussi très pointilleuse sur la dette

Et elle le sera sans doute de plus en plus. Si les déficits européens sont, pour la plupart ramenés autour de 1 et demi pour cent, pour la dette, c’est plus inquiétant : L’Italie et le Portugal sont à plus de 130  %, mais l’Espagne vient de dépasser les 100 % et la Belgique plus encore. Des dettes qui sont très différentes d’un pays à l’autre, bien difficiles à maîtriser, quand bien même les taux sont bas et que des pays comme l’Autriche et la Belgique ont émis des emprunts à très longue durée, à 7O et même 100 ans qui peuvent être à des taux négatifs. 

Mais le plus inconfortable c’est encore d’être abonné à la dette et  en même temps aux déficits. Ce qui est  le cas de la France qui cumule dette publique, dette des ménages et des entreprises. Et cela, c’est plus ennuyeux. Tant que les  taux restent bas, on s’en inquiète moins, mais la dette continue néanmoins de gonfler. 

Pour diminuer l’endettement, comme le demande la Commission européenne, que faudrait-il faire ? 

IL y a plusieurs réponses mais il y a une corrélation : faire le plus de croissance possible. Le Japon en est l’illustration a contrario, qui cumule gros endettement et faible croissance. L’Italie en prendre chemin. La difficulté en revanche, c’est de trouver la clé d’une politique de relance qui soit efficace, avec un peu plus d’inflation,  et supportable par le plus grand nombre : les Japonais ne l’ont toujours pas trouvée malgré les "Abenomics".  Les Européens non plus.

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