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Après la Société générale, le groupe BPCE a annoncé la suppression de 4000 postes.

Les banques vont mieux mais continuent de supprimer des postes

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Les emplois traditionnels fragilisés par la montée du numérique.

Après la Société générale, le groupe BPCE a annoncé la suppression de 4000 postes.
Après la Société générale, le groupe BPCE a annoncé la suppression de 4000 postes. Crédits : Bruno Levesque - Maxppp

Coup sur coup, deux grandes banques, Société générale et BPCE, le réseau des banques populaires et des caisses d’épargne viennent d'annoncer des suppressions d’emploi par milliers. Elles le font en évoquant la nécessité qu’elles ont de s’adapter dans un environnement qui évolue à toute vitesse.  Que l’environnement bouge très vite, c’est une évidence. L’émergence de la banque en ligne, la banalisation  des services numérisés sous toutes les formes de dématérialisation,  la concurrence que leur font dès maintenant les géants du net, en plus de la concurrence de grandes enseignes de distribution. Conséquence, les clients perdent le réflexe de s’adresser à leur guichet traditionnel pour réaliser des opérations à partir de leurs claviers d'ordinateur et de leurs tablettes. Les unes après les autres les agences ferment pour être recentrées ailleurs.  Fermeture annoncée de 400 points de vente chez BPCE, 300 à la Société générale. Et les métiers changent de visage. On a moins besoin de chargés d’accueil ou de clientèle. De plus en plus de développeurs informatiques, de codeurs, de personnels spécialisés sur la conformité des procédures. Et cela, c’est mesurable quand on croise les critères de sélection à l'entrée: ils se font  maintenant pour moitié à bac 4 ou 5. 

Les nouveaux emplois ne compensent pas ceux qui sont supprimés.

Et cela quand bien même les banques embauchent par milliers. Aujourd’hui c’est surtout dans la banque de détail que l’on réduit l’emploi, alors qu’il y a quelques années, dans le sillage de la crise financière, c’était surtout la banque d’investissement qui licenciait. C’était le temps où les établissements  s’abritaient derrière de grosses pertes financières pour justifier des réductions de poste importantes.

Pourtant, les banques ont retrouvé leur rentabilité depuis. Elles réalisent des profits importants. 

Plus de 25 milliards de profits en 2016 dans les six grands établissements de l'hexagone. Ils partent en rémunérations et autres bonus, mais  une partie est aussi  investie en investissements, beaucoup dans la digitalisation. Un chantier qui se chiffre en dizaines de milliards d’euros. Pas seulement,  la situation a bien changé depuis le début de la décennie. Les banques ont vu arriver une réglementation européenne  qui les oblige à se renforcer en fonds propres, et donc à disposer d’un matelas de ressources beaucoup plus élevé qu’auparavant... Resserrement de la réglementation, resserrement ensuite des taux imposés par la BCE, la Banque centrale européenne avec sa politique de taux bas. Les moyens de se financer à bon compte se sont raréfiés sensiblement. Les taux bas rognent sur les marges des banques qui  essaient surtout de capter une clientèle plus haut de gamme en gonflant leurs  départements "Banque privée".    

Avec le retour de la confiance et de la croissance, les banques devraient pouvoir recréer de l’emploi, mais pas à court terme.

En tout cas pas avant plusieurs années d’après les études qui circulent. On estime que d’ici 2O25, les banques de détail pourraient  perdre jusqu’à 30 % de leurs effectifs. Les plans stratégiques s'accompagnant d'une compression des effectifs vont continuer. Ce qui ne veut pas dire des licenciements massifs, comme on en voit se profiler un peu partout en Europe. Notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et en Italie par dizaines de milliers.  L’approche des banques françaises, en particulier des mutualistes, est plutôt de jouer sur la pyramide des âges. On peut donc s’attendre à de nouveaux trains de départs en retraite anticipés dans les prochaines années.

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