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La croissance américaine s'élèverait à 2,5 % en 2018 d'après l'OCDE.

La réforme fiscale de Donald Trump va-t-elle vraiment profiter à l'économie américaine ?

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Une amélioration attendue mais au prix d'une montée du déficit budgétaire.

La croissance américaine s'élèverait à 2,5 % en 2018 d'après l'OCDE.
La croissance américaine s'élèverait à 2,5 % en 2018 d'après l'OCDE. Crédits : Joe Raedle - AFP

Au moment où la réforme fiscale de Donald Trump arrive en fin de parcours, les grands patrons américains exultent. C’est ce qui ressort de la dernière enquête de l’organisation patronale "Business Roundtable". Elle affiche un indice de confiance au plus haut depuis 2012.  Comme beaucoup d’organisations patronales, elle s’est dotée d’un instrument de mesure du degré de satisfaction des milieux d’affaires : indice établi à 96,9, et qui n’a cessé de grimper au cours des derniers trimestres…Le type d’indices concoctés à partir d’une enquête auprès des membres d’une organisation d’inspiration conservatrice qui joue un rôle de lobby auprès des institutions américaines. Elle l’avait fait pour  élargir le programme de baisse d’impôt sous Ronald Reagan dans les années 1980.  Elle continue de le faire aujourd’hui.   Satisfecit des dirigeants économiques qui a toute chance de prendre encore des couleurs dès l’adoption effective de la réforme fiscale d’ici la fin de l’année. 

Que la réforme fiscale américaine suscite un engouement des milieux d’affaires n’est pas vraiment une révélation,  mais la confirmation que cette réforme leur est bien dédiée. Sauf que l’objectif affiché par Donald Trump en engageant cette réforme est bien de renforcer et d’accélérer la croissance américaine. C’est le sens d’une formule destinée à rendre l’Amérique plus forte, et avoir des retombées économiques favorables sur ses concitoyens.  Or, plusieurs études  laissent perplexes. Certes, la croissance américaine file bon train, elle pourrait faire un peu mieux l’an prochain, sans doute autour de 2,5 %, mais fera-t-elle beaucoup plus ? Jusqu’à 3 % comme l’espèrent les Républicains ? Et sur la durée ? Ce qui, alors distinguerait vraiment l’Amérique. A ce jour,  la plupart des économistes sont sceptiques car rien ne permet d’affirmer que les grandes entreprises vont en profiter pour investir davantage. Dans leur logique, elles seront plutôt tentées de racheter des actions, et distribuer des dividendes. 

Certes les ménages pourraient consommer davantage, de quoi donner un coup de pouce à la croissance mais à condition que les salaires montent vraiment, car on ne voit pas ce qui va encourager les classes moyennes à consommer plus, n’étant pas les bénéficiaires directs des baisses d’impôts. Pas de quoi stimuler a priori les dépenses des ménages, pas de quoi donner une stimulation supplémentaire à la croissance. Pas sûr dans ces conditions que les effets attendus soient au rendez-vous, du moins dans les proportions espérées.

Les supporters de Donald Trump affirment pourtant que la réforme favorisera les recrutements et l’innovation, la prospérité en général. Ce serait souhaitable puisque dans un premier temps elle devrait creuser le déficit budgétaire de quelques 1500 milliards … Et dans le même temps, on pourrait assister à un  reflux massif de liquidités des pays étrangers vers les Etats-Unis du fait que la réforme vise aussi à inciter les entreprises à se relocaliser sur le sol américain et à rapatrier des milliards de dollars. Un trop plein de liquidités,  c’est la porte ouverte à la constitution de bulles financières.  Il faudra donc surveiller au fil des mois les effets  d’une réforme qui promet beaucoup, mais dont les garanties de succès ne sont pas acquise. 

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