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Entre Martin Schulz, patron du SPD et Reiner Hoffmann, patron du syndicat DGB, des positions plus ou moins convergentes.

L'accord de coalition ne convainc pas les partenaires sociaux en Allemagne

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Syndicats et patronat critiques ou déçus.

Entre Martin Schulz, patron du SPD et Reiner Hoffmann, patron du syndicat DGB, des positions plus ou moins convergentes.
Entre Martin Schulz, patron du SPD et Reiner Hoffmann, patron du syndicat DGB, des positions plus ou moins convergentes. Crédits : Felipe Trueba - Maxppp

En Allemagne, l’accord autour d’une grande coalition ne convainc ni les syndicats ni le patronat.  Insuffisamment social pour les représentants des salariés. Trop coûteux à en croire les dirigeants d’entreprise. On serait loin d’un consensus des partenaires sociaux.  A l’évidence on n’est plus dans le scénario précédent, celui  de la fin 2013 où le DGB, la confédération syndicale allemande, saluait le  volet social de  la plateforme entre  la CDU et le SPD, notamment sur les perspectives de salaire minimum qui se sont concrétisées. Cette fois, c’est la déception qui l’emporte. Les organisations syndicales estiment globalement qu’il n’y a guère d’avancées sur la politique sociale et fiscale. Une baisse des cotisations chômage en perspective qui inquiète, et peu de garanties supplémentaires en faveur des salariés dans le code du travail. Ce serait plutôt le contraire. Faute de concessions suffisantes, les sociaux-démocrates se retrouvent en retrait par rapport aux attentes syndicales. 

Les défenseurs de l’accord font pourtant valoir qu’il y a un certain nombre d’avancées… 

Comme sur les retraites  où les sociaux-démocrates ont proposé un régime de solidarité en direction des ménages les plus précaires. Et ça en prend la forme avec une retraite de base qui leur permettrait de disposer d’un revenu supérieur aux minima sociaux. Là, oui, on peut parler d’avancée… Mais c’est moins net sur la transformation prévue  de l’impôt de solidarité. Cet impôt institué pour venir en aide aux régions de l’Est (qui étaient en retard sur l’ouest), et qui va être partiellement redirigé vers les foyers les plus modestes. Moins net aussi dans l’assurance maladie  avec le retour de la parité entre cotisations patronales et syndicales. A y regarder de plus près, ça ne donne pas de grandes réformes : l'impôt de solidarité va se transformer peut-être, mais progressivement et ne touchera qu’un public restreint. Quant à l’ambition du SPD d’instituer une "assurance maladie citoyenne", voilà que ce grand projet se rétrécit en un simple rééquilibrage de cotisations.  Ce n’est pas la même chose ! 

Peu d’avancées d’après les syndicats de salariés mais comment se fait-il que  les organisations patronales elles-aussi affichent leur mécontentement ? 

Pour sûr qu’elles se montrent aussi critiques. Elles voient l’ombre des hausses fiscales se profiler à tous les étages ou presque.  Elles évaluent les dépenses supplémentaires à quelques 36 milliards d’euros. Ce serait même davantage puisque les hausses de pensions de retraite ne seraient pas budgétées. Les baisses d’impôt sur le revenu ? Elles n’arrivent presque jamais, s’insurge Clémens Fuest, le président de l’institut économique IFO auprès de l'université de Munich. Ce qui lui fait dire que ce programme va provoquer une expansion, c’est sûr, mais pas la prospérité : de l'ingérence de l’Etat dans l’économie. Vu des chefs d’entreprise, c’est le programme du SPD qui s’est imposé, et c’est regrettable. A l'évidence, cette lecture, elle n'est pas partagée parmi les syndicats de salariés. 

On le voit, le programme de la grande coalition participe peut-être d'une culture qui ressemble à de la  cogestion politique, nettement moins de la cogestion syndicale,  celle qui est pourtant inscrite au coeur du modèle social outre-Rhin.

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