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Le renflouement d'Alitalia a déjà coûté au moins 7 milliards d'euros au contribuable italien.

L'avenir d'Alitalia en suspens, après un nouveau report de sa vente

3 min
À retrouver dans l'émission

Concurrencée par les compagnies low-cost, Alitalia est au bord de la faillite.

Le renflouement d'Alitalia a déjà coûté au moins 7 milliards d'euros au contribuable italien.
Le renflouement d'Alitalia a déjà coûté au moins 7 milliards d'euros au contribuable italien. Crédits : Telenews - Maxppp

La réalité, c’est qu’ elle est vivement concurrencée par les sociétés à bas coût. Pour ne pas dire détrônée quand on voit que les compagnies low-costs contrôlent déjà près de 50 % du ciel italien…Ryanair, avec plus de 32 millions de passagers devance allègrement les 23 millions d’Alitalia. Et Ryanair qui avait annoncé être intéressés par la reprise d’Alitalia a jeté les gants le mois dernier.

Le sort d’ ALITALIA devait se jouer aujourd’hui. La compagnie italienne qui est au bord de la faillite cherche un repreneur. Mais les acquéreurs potentiels ne se bousculent pas et les autorités italiennes ont procédé, in extremis, à un nouveau report de la date de mise en vente. Ce ne sont pourtant pas les marques d’attention qui ont manqué. On en a dénombré plus d’une trentaine, preuve que la compagnie tricolore ne laisse pas indifférent ! Sauf que les difficultés se polarisent sur les conditions d’une reprise à haut risque financier. C’est que Alitalia perd au bas mot 500 000 euros par jour. En une décennie, c’est quelque 7 milliards d’argent public qui ont été absorbés…Or, Alitalia est aujourd’hui à 100 % privée. Quelle justification apporter à des opérations de sauvetage à répétition ?

La perte de vitesse d’Alitalia n’est pourtant pas un phénomène récent. Voilà des années qu’on annonce périodiquement sa disparition. Elle est pourtant encore en état de marche… Mais à quel prix puisqu’ Il a fallu, à chaque fois que l’Etat se porte au secours d’une compagnie qui n’a plus d’italien que le nom, puisqu’elle est contrôlée à plus de 49 % par la Compagnie Etihad, celle des Emirats arabes unis, et un consortium de banques de la péninsule. C’est avec la compagnie d’Abou Dhabi que Alitalia devait renouer avec les bénéfices dès 2017: y parvenir grâce à une véritable synergie avec Etihad... Peine perdue, les déboires se sont accumulés.

A l'évidence, Alitalia, tour à tour convoitée par KLM, Air France, Lufthansa, ne fait plus rêver !

C’est tout de même surprenant avec un marché italien qui se compte en dizaines de millions de touristes les pèlerins et la diaspora d’Amérique du nord et du Sud …Et même le pape en personne, dont les voyages auprès de millions de fidèles de la catholicité a contribué à faire rayonner l’image d’Alitalia sur tous les continents, c’est un fait !

Eh bien, malgré l’étendue du marché touristique italien et de son image, ça n’a pas suffi. Certains expliquent ces déboires par le fait que la géographie ne joue pas en faveur de l’Italie pour capter les grands flux internationaux à l’image de Paris, Amsterdam, Londres ou Francfort…Que la spécialisation de Rome en plateforme de touristes et celle de Milan pour les voyages d’affaires jouerait contre l’Italie. Mais c’est surtout le fait d’avoir donné la priorité aux vols moyen-courriers, qui génèrent le plus de pertes, ce qui semble avoir handicapé Alitalia. Sur son marché domestique, elle est demeurée sur le créneau le plus fréquenté par ses concurrents low-costs.

Qu’est ce qui pourrait encore sauver Alitalia dans ces conditions ? Un énième report de date permet de retarder une fois de plus l’échéance, mais depuis que les personnels se sont prononcés à une large majorité, 67 %, contre le dernier plan de restructuration, on ne voit pas beaucoup d’issues. Ça a sérieusement refroidi les repreneurs potentiels qui n’imaginent de salut qu’en baissant les effectifs et le train de vie des équipages…

Dans tous les cas, un rachat par morceaux est encore possible, voire probable, mais ce serait de toute façon au prix d’une diminution de la voilure d’Alitalia.

Jean-Marc Chardon

Intervenants
  • Journaliste économique, chef du service économie de la rédaction de France Culture
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