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Les paramètres d'indexation du Smic pourraient être révisés à l'initiative du gouvernement.

La controverse sur le SMIC rebondit

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Le gouvernement s'apprête à réviser les paramètres d'indexation du SMIC.

Les paramètres d'indexation du Smic pourraient être révisés à l'initiative du gouvernement.
Les paramètres d'indexation du Smic pourraient être révisés à l'initiative du gouvernement. Crédits : Julio Pelaez - Maxppp

Après la décision du gouvernement de ne pas accorder "un coup de pouce" au Smic au 1er janvier, le débat se durcit entre les défenseurs d’une augmentation et ceux qui préconisent le statu quo. Débat qui rebondit à l’heure où les résultats des entreprises s’améliorent...

Pour les uns, le moment est venu de donner ce coup de pouce, au-delà de la revalorisation mécanique, qui sera de 1,24 %, le faire à l'heure où  les entreprises, en tout cas les plus grandes engrangent plus de profits. Pour les autres, ce ne serait pas opportun de le faire car un relèvement jouerait contre la compétitivité d’entreprises qui, hormis quelques secteurs, l’aéronautique, les cosmétiques  et le luxe,  ont du mal à se placer dans la concurrence internationale. C’est le sens de la controverse qui oppose deux économistes, Gilbert Cette et Henri Sterdyniak. Le  premier qui fait la relation entre augmentation du coût du travail et risque de dégradation de la compétitivité des entreprises. Le second qui la minore au motif que le Smic concerne en grande partie des emplois qui ne sont pas soumis à  la concurrence internationale...services à la personne, gardiennage, emplois dans les cafés-restaurants. A quoi d’autres font remarquer que la proportion de smicards a baissé dans les entreprises de plus de dix salariés et plus, mais pas dans les TPE, les très petites entreprises. Comme ce sont elles,  les grandes pourvoyeuses d’emploi, revaloriser le Smic, n’est-ce pas prendre le risque  de les inciter à appuyer sur la pédale de frein à  l’embauche. Et de se référer, plus largement,  à des études qui établissent une corrélation : hausse du Smic et du chômage. Mais il n’y a pas consensus là-dessus. 

A ce compte-là, ce ne serait jamais le moment d’augmenter le le salaire minimum ? 

Le SMIC va bientôt être cinquantenaire, mais cette polémique est devenue récurrente depuis une bonne vingtaine d’année. Et la polémique a gonflé sous l’effet du passage aux 35 H. Elle refait surface avec les projets de Smic jeunes, comme ceux  de Smic régional…Puis la proposition du Medef d’un "Smic intermédiaire", voilà quelques années. A chaque fois, ça bloque, les défenseurs du modèle original arguant entre autres qu’il s’agirait d’une régression, le SMIC de référence ayant été établi sur l’indice parisien, Smic uniformisé, quand bien même des salaires de base peuvent être inférieurs dans des conventions de branche.

Mais les cartes vont être rebattues avec les mesures fiscales du gouvernement

Avec un effet cumulatif à travers le programme de baisse de charges salariales,  l’augmentation de la prime d’activité et la transformation du CICE, le crédit impôt compétitivité emploi en allègement de charges. Singulièrement sur les bas salaires où ces mesures vont se concentrer.  A priori on disposerait d’un socle susceptible d’encourager les entreprises à embaucher et qui serait bénéfique en même temps au pouvoir d’achat des Smicards. La double clef  attendue de résolution d’une longue controverse. Pourtant,  il n'en sera rien car d'autres économistes posent la question du coût budgétaire de ces mesures, et le gouvernement compte bien revoir les paramètres d'indexation du Smic.

Crédits : Visactu
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