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La perte du passeport financier pèsera lourd sur la City.

Brexit phase 2: une longue transition en perspective

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L'enjeu primordial des services financiers.

La perte du passeport financier pèsera lourd sur la City.
La perte du passeport financier pèsera lourd sur la City. Crédits : Waldraut Grubitsch - Maxppp

C’est la seconde phase des négociations sur le Brexit qui s’ouvre aujourd’hui à Bruxelles avec la réunion des  ministres des Affaires étrangères. C’est de l’accord de transition dont il va être beaucoup question et les enjeux économiques sont considérables. Et pour cause , les Européens se sont mis d’accord  le mois dernier sur un compromis au terme duquel on a retenu que le Royaume Uni confirmait le choix du divorce. Que Thérésa May était même disposée à régler la facture de 45 milliards d’euros minimum pour acter son départ de l’Union européenne, mais que tout  cela prendrait du temps, sans doute plus que prévu. C’est l’objet de l’accord de transition qui va être négocié. Primordial cet accord car il va fixer, dans le détail, les obligations de chacune des parties sur les relations des deux côtés du chanel. Le Royaume Uni va se retrouver dans une situation inédite, forcément, celle d'un interlocuteur qui va tenter de construire de nouvelles relations économiques sans pouvoir substituer de nouvelles règles à celles qui existent. En tout cas pas tout de suite. C’est la question cruciale du rééquilibrage des échanges économiques et  financiers entre le Royaume Uni et les Européens qui va se poser en termes abrupts. 

Pour quelle raison ?

Du fait qu’en mettant le cap sur le Brexit, Londres va perdre au fur et à mesure sa capacité à peser comme auparavant dans les relations commerciales...Le fait est qu’elle a déjà payé une partie des dommages avec le recul de la  livre  et de son produit national qui est passé derrière celui de la France, alors qu'elle la devançait nettement auparavant. La facture du Brexit, c’est surtout en l’état des importations plus chères. La tentation pour Londres est de conclure au mieux un accord de libre-échange l’Union européenne…Sauf que cette possibilité lui est fermée tant que l’acte de divorce n’aura pas été prononcé. Entre temps,  il va falloir composer avec les Européens…

Ce qui laisse entendre qu’il y aura des concessions de part et d’autres ? 

En particulier sur les services financiers. Ils représentent l’enjeu essentiel. Il sont au cœur des échanges de la City avec le passeport financier. C’est tellement vrai que Londres a essayé de désarçonner les Européens en les assurant qu’elle ne ferait pas d’obstacles à leur implantation outre-manche. Manière de prévenir : ne nous infligez pas des barrières douanières, tarifaires et autres. Continuons d’échanger comme avant. Seulement voilà, en entamant le processus du Brexit, Londres change de statut pour les Européens.  Le Royaume Uni devra être traité comme "un pays tiers". Autrement dit, il ne bénéficiera  plus des dispositions accordées aux Etats-membres. 

C’est une situation  toujours aussi  compliquée à gérer  pour Theresa May ?

Avec la volonté de négocier un traité de type CETA comme le Canada avec l’Union européenne, mais à échéance éloignée et sans qu’il soit forcément  préférentiel. C’est pourtant lorsque, comme Madame Thérésa May, on a des difficultés à asseoir son autorité. 

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