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Les investissements chinois vers l'Europe s'élèvaient à 35 milliards d'euros en 2016.

La Chine courtisée et redoutée à la fois

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Les Européens ont des difficultés à parler d'une même voix face aux investisseurs chinois.

Les investissements chinois vers l'Europe s'élèvaient à 35 milliards d'euros en 2016.
Les investissements chinois vers l'Europe s'élèvaient à 35 milliards d'euros en 2016. Crédits : Visactu

A l’heure où Emmanuel Macron se déplace en Chine, on voit que les Européens ont des difficultés pour se repositionner face aux ambitions de Pékin qui fait de l’Europe le premier continent où se dirigent ses investissement. Un choix devenu priorité qui remonte à plusieurs années. Après avoir lancé des programmes d’investissements massifs vers l’Amérique du Nord – ils ont triplé en 2015 – c’est vers l’Europe que la Chine redouble d’activité. Et c’est l’Allemagne qui vient nettement en première ligne : elle capte au moins le tiers des investissements. Juste après, le Royaume uni. La France, elle,  venant loin derrière.

Ces flux d'investissements s’élèvent en milliards d’euros ,  plus de 35, qui sont révélateurs des ambitions chinoises en Europe.

Des investissements dans des secteurs multiples sur un grand périmètre d’activités. Dans l’industrie, les transports, l'aéronautique, le rail, les infrastructures en général,  mais aussi l’immobilier, la Finance (pas seulement  au Luxembourg, mais aussi dans les banques portugaises), l’agriculture avec l'achat de terres agricoles en France, et même la musique, dans le streaming... Les Chinois s’affichent sur un très large éventail d’activités. Ils le font avec un appétit particulier pour les entreprises à savoir faire technologique. Pékin nourrit l’espoir, entre autres, de devenir leader mondial dans l'innovation.  Dans cette perspective on ne s’étonnera pas de ses assauts répétés en direction de l’Allemagne. Mais en générant un tel courant d’investissement la Chine a inquiété outre-Rhin à tel point que les Allemands ont décidé de riposter. S'ils ont été pris de vitesse lors du rachat en 2016 de leur fleuron de la robotique, Kuka par les Chinois, ils ont en revanche réussi à bloquer le rachat du fabricant de semi conducteurs  Aixtron. Ils l’ont fait en invoquant des motifs de sécurité, et pris un décret. 

Mais il fait reconnaître que les Européens ont l’air plutôt démunis pour contrer les appétits chinois !

C’est qu’il y a un vrai malaise dans les rangs de l’Union européenne. Comment prendre ses distances avec un partenaire qui à certains moments se montre empressé pour venir au secours d’un Etat, ainsi lors de l’opération de rachat du port du Pirée en Grèce.  Pas facile de résister quand Pékin  se montre coopératif avec les économies d’Europe orientale en manque d’investissements pour leurs routes, leurs réseaux ferroviaires, leurs plafeformes aéro-portuaires. C’est d’ailleurs un axe des "nouvelles routes de la soie", ce vaste programme d’investissement à plusieurs entrées de la Chine, au nombre desquelles par exemple la création d’une ligne ferroviaire à grande vitesse entre Budapest et Belgrade.  En face, les Européens hésitent à renforcer les pouvoirs de Bruxelles face à la Chine.

Les autorités de Pékin ont pourtant exigé une pause dans les investissements étrangers...Pour ralentir un effet d'emballement qui ne change rien, sur le fond, aux objectifs de la Chine qui s'est forgée  une stratégie où ses firmes investissent dans des secteurs qui leur permettent de développer leurs propres exportations dans une optique de  complémentarité et de diversification. Face à cette stratégie complexe et organisée, les Européens déplorent que le marché chinois, lui, ne s'ouvre pas assez: ils réclament la réciprocité, sans beaucoup de succès jusqu'à présent !

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