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Gemalto, une pépite industrielle bien cachée.

Gemalto,le roi de la carte à puce sous le coup d'une OPA

3 min
À retrouver dans l'émission

Le groupe ATOS de Thierry Breton souhaiterait créer un leader mondial de la cybersécurité et des services numériques.

Gemalto, une pépite industrielle bien cachée.
Gemalto, une pépite industrielle bien cachée. Crédits : Julio Pelaez - Maxppp

C'est l'heure des revers industriels pour Gemalto, un groupe de sécurité numérique aux racines française. Le roi de la carte à puce s’apprête à licencier 288 salariés, soit 10 % de ses effectifs en France. Gemalto fait les frais d’une baisse de ses ventes en volume.  On ne parlera donc pas d’échec industriel. Ce ne sont pas les produits qui sont en cause, loin de là, c’est le marché qui s’essouffle, après une demande intempestive de cartes au point de générer des stocks...Ce n’est qu’une partie de l’activité du groupe qui est touchée: celle des cartes SIM et des cartes bancaires, alors que le nouveau modèle tarde à décoller. Un coup de frein peut-être mais pas de nature à compromettre l’avenir d’un groupe qui affiche sa présence partout ! En plus des cartes de paiement numériques, dans les cartes d’identité électroniques, les passeports biométriques, et même dans le pass naviguo des usagers des transports en communs. Présent aux Etats-Unis, dans le portable de son président, dans les circuits numériques de tous les Etats et de centaines d’institutions financières, présent en Chine comme au  Bangladesh, toutes populations et catégories sociales confondues. On estime que Gemalto équipe aujourd’hui plus de la moitié de la population en matériel numérique. 

Derrière cette réussite, un homme Olivier Piou, son fondateur qui a joué la carte de l’innovation et du développement en passant par une fusion il y a quelques années.

C’est le parcours d’un ingénieur venu de Centrale qui s’ennuyait quelque peu dans l’industrie pétrolière. Au tournant du siècle il prend en main la division cartes à  puce de Schlumberger. Il la transforme en filiale de droit néerlandais, l’introduit en bourse, puis la fusionne avec son rival, la société française Gemplus. C’est ainsi que naît Gemalto en 2006. Mariage plutôt douloureux sur le coup avec suppression de  centaines d'emplois, mais dans la foulée une réussite fulgurante….L’entreprise coiffe  Alcatel-Lucent au palmarès des géants de la bourse: c’est un choc dans le secteur quand Gemalto fait son entrée au CAC 40. En si peu de temps ! 

Comment s’explique la rapidité de cette réussite ?

Le choix dès le départ de privilégier la diversification. Et cela dans toute son étendue. Des métiers déjà avec la volonté de son créateur de se préserver des aléas conjoncturels. Et cette diversité, elle se décline dans l’éventail le plus large de nationalités : à peine constitué, Gemalto affichait soixante-dix nationalités par embauche dans l’encadrement, tout en privilégiant ensuite la promotion interne…Enfin un management par objectif et des appels à projets en permanence, tout cela articulé avec un système de rémunération variable en fonction des performances.
En somme, une pépite d'origine française qui s’est inspirée de méthodes de management qui viennent d’ailleurs...Une pépite cotée à Paris, qui est française par son concepteur et la fusion  avec Gemplus,  mais dont le siège social est aux Pays-bas. Le paradoxe dans tout cela, c’est qu’on a une pépite quasiment inconnue du grand public, et dont l‘activité en France ne représente que quelques pour cents de son  chiffre d’affaires globale. En fait le groupe fonctionne à l’international à  l’empreinte d’un groupe pas comme les autres qui a voulu rester indépendant, garder un cap stratégique. Si l’OPA d’un autre groupe qui lui est proche, Atos, la société Gemalto participerait à une seconde aventure industrielle sur le marché du numérique.
 

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