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Le départ de Jeff Immelt  de GE et l'arrivée d'un fonds d'investissement pourraient influer sur les choix du groupe.

A la poursuite des emplois promis des fusions-acquisitions

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Les enjeux de General Electric en France.

Le départ de Jeff Immelt  de GE et l'arrivée d'un fonds d'investissement pourraient influer sur les choix du groupe.
Le départ de Jeff Immelt de GE et l'arrivée d'un fonds d'investissement pourraient influer sur les choix du groupe. Crédits : Getty Images North America - AFP

Après les déclarations de Bruno Lemaire de ne pas laisser tomber le site de General Electric à Grenoble, tout laisse penser que c’est une nouvelle bataille pour l’emploi qui va s'engager entre la direction de General Electric , l'Etat et les salariés français du groupe. cela en prend l’allure quand bien même les dirigeants de GE, la main sur le cœur, s’engagent à créer des emplois en France, à respecter les engagements pris il y a 3 ans par l’ex PDG du conglomérat, Jeff Immelt. Les fameux 1000 emplois, des emplois nets. Des emplois supplémentaires en France. Sauf que, avant d’y parvenir, il faut comptabiliser les départs contraints de 2016, près de 600 , en plus des départs naturels liés aux retraites et consécutifs aux redéploiements. Or, le chiffrage n’est pas simple à faire entre la mobilité et les transferts d’un site à l’autre : entre Belfort, Cherbourg, St Priest, la recherche et le développement à Massy. On n’est pas dans un schéma simple d'une usine avec ses emplois.

Il n’empêche que General Electric promet de garder et de renouveler les emplois avec le recrutement de "jeunes talents": 240 annoncés sur tous les sites…Mais on voit aussi que beaucoup de postes sont tout simplement réinternalisés, pour reprendre une expression un peu technique. C’est-à-dire que des postes issus de la sous-traitance intègrent les usines comme s’il s’agissait de créations pendant que d’autres postes, eux, sont rapatriés d’autres sites : 130 à 140 de Hongrie par exemple.Pas facile au bout du compte de faire la balance entre emplois conservés et emplois effectivement créés.

Pourtant General Electric a réitéré ses engagements d'emplois tout en s’accordant des délais dans la mise en œuvre en fonction de l’état du marché.

Ce marché il est mondial, les appréciations relèvent donc de l’Etat-Major de General Electric aux Etats-Unis.

Il existe bien un comité de pilotage des engagements avec la France: y participent des représentants de l’entreprise et de l’Etat français, mais pas de représentants du personnel. De quoi entretenir une suspicion sur les chiffres liés à l’emploi qui sont compatbilisés en fin de réunion. Et cela d'autant plus que le signataire de ces accords, Jeff Immelt, lui qui aimait à décrire la France comme « notre deuxième maison », est parti. Il a été poussé vers la sortie sous la pression des actionnaires qui réclament tant et plus d’économies...Ce qui laisse présager un changement de cap : le nouveau patron, John Flanery, a déjà effectué un grand ménage dans la garde rapprochée de son prédécesseur. Il semble pressé d’obtenir des résultats financiers, aiguillonné qu’il est par un fonds activiste récemment entré au capital de General Electric, et qui demande le redressement rapide des comptes.

Après les déclarations de Bruno Lemaire de ne pas laisser tomber le site de General Electric à Grenoble, tout laisse penser que c’est une nouvelle bataille pour l’emploi qui va s'engager entre la direction de General Electric, l'Etat et les salariés français du groupe. Cela en prend l’allure quand bien même les dirigeants de GE, la main sur le cœur, s’engagent à créer des emplois en France, à respecter les engagements pris il y a 3 ans par l’ex PDG du conglomérat, Jeff Immelt. Les fameux 1000 emplois, des emplois supplémentaires en France. Sauf que, avant d’y parvenir, il faut comptabiliser les départs contraints de 2016, près de 600 , en plus des départs naturels liés aux retraites et consécutifs aux redéploiements. Or, le chiffrage n’est pas simple à faire entre la mobilité et les transferts d’un site à l’autre : entre Belfort, Cherbourg, St Priest, la recherche et le développement à Massy. On n’est pas dans un schéma simple d'une usine avec ses emplois.

Pas de quoi rassurer les salariés de GE, notamment ceux du site de Grenoble. Ils savent au moins que la direction du groupe reconnaît qu’elle est à mi-parcours de ses engagements et que des sanctions sont prévues en cas de non respect de l'accord. Reste que les salariés ont conscience que ce n'est pas le montant des pénalités financières, 50 000 euros par poste non créé, qui arrêtera le groupe dans sa réorganisation.

la vérité, c'est qu'à l’occasion de fusions d’entreprises, la question des emplois devient centrale, et que la bataille pour les emplois finit toujours par reprendre puis par s’intensifier.

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