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Avec des élus, les populations se mobilisent pour la défense des hôpitaux en région.

Pourquoi l'hôpital public replonge-t-il dans les déficits ?

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Malgré les économies, les déficits publics devraient tripler d'ici la fin de l'année.

Avec des élus, les populations se mobilisent pour la défense des hôpitaux en région.
Avec des élus, les populations se mobilisent pour la défense des hôpitaux en région. Crédits : Philippe Trias - Maxppp

Quelle va être la politique hospitalière du gouvernement après le signal d’alarme lancé par la Fédération hospitalière de France ? Les hôpitaux publics devraient voir leur déficit tripler cette année. Or il est demandé aux hôpitaux publics de réaliser plus d’un milliard et demi d’économies l’année prochaine. Un objectif qui semble difficile à atteindre. 

En l’état, ça ne paraît pas évident car des économies, les hôpitaux publics en ont réalisé ces dernières années : 7 milliards en dix ans, pour l’essentiel depuis les trois dernières années. Et cela a donné des résultats : en 2016, les déficits dans les CHU n'ont-ils pas diminué de moitié ? En tout cas, sur un budget total de près de 90 milliards d’euros, on voit l’étendue des économies réalisées. 

Et pourtant ça ne suffit pas ! Pour comprendre, il faut bien voir qu’au virage des années 2000, on a assisté à une envolée de l’endettement dans ce secteur. 

Les dettes y ont triplé en une dizaine d’années. L’intégration des 35 heures et une succession de "plans Hôpitaux" ont finalement généré des coûts supplémentaires dans une organisation qui a été prise de court. Les conséquences de la crise financière l’ont touchée de plein fouet avec, par-dessus le marché, plusieurs dizaines d’établissements victimes des fameux emprunts toxiques. C'est dans ce contexte qu'il a fallu réduire les dépenses. En fermant de petits hôpitaux en région, en restructurant des services, en diminuant le nombre de lits : quelques 6600 en trois ans, en mutualisant des opérations par rapprochement entre établissements. Mais tout cela sans réforme de structure. Au coup par coup.

Mais aussi des cadences de travail qui ont augmenté pour réaliser ces économies, au point qu’une partie des personnels se retrouvent en burn-out. 

Elles posent toute une série de questions car les effectifs ont tout de même progressé dans les hôpitaux publics jusqu’en 2014. Leur stabilisation est récente. Le problème n’est-il pas aussi lié à la difficulté de modifier des méthodes de gestion qui se traduisent par un coût hospitalier de 23 % supérieur à la moyenne européenne. Ce qui supposerait, disent ses défenseurs, une réforme des politiques de rémunération qui passerait elle-même par une modification du management dans la fonction publique hospitalière où pouvoirs médicaux, administratifs et syndicaux ont tendance à se neutraliser...Et au-delà le fait d’accorder plus d’autonomie aux établissements. 

Dans l’immédiat, c’est le système de tarification qui est dans le viseur des professionnels. 

Le projet est de passer d’une tarification à l’activité qui a conduit à accélérer la course aux actes, parfois inutiles: 30 % d’après la ministre de la santé, se traduisant à travers de fortes disparités par région pour certaines opérations. Afin den sortir, le projet qui a les faveurs consiste à s'organiser autour d'un système de financement de parcours de soins pouvant être effectués par plusieurs professionnels … On perdrait peut-être en quantité, on gagnerait en qualité avec des économies en bout de chaine. C'est le projet dominant.

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