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le groupe suisse Novartis achète AAA, une pépite  française de le biotechnologie.

Une pépite française de la santé, AAA, passe sous le contrôle de Novartis

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Les start-up françaises en quête de financements pour se développer.

le groupe suisse Novartis achète AAA, une pépite  française de le biotechnologie.
le groupe suisse Novartis achète AAA, une pépite française de le biotechnologie. Crédits : dominick Reuter / AFP - AFP

L’affaire n’a peut-être pas fait grand bruit, et pourtant elle ne passe pas inaperçue dans le secteur de la santé : le rachat, hier, par le groupe suisse Novartis d’un laboratoire français spécialisé dans le diagnostic et la thérapie du cancer : c’est une « pépite » française, AAA, Advanced Accelerator Applications, qui est rachetée par un géant étranger de la pharmacie. Mais comment interpréter cette opération ?

On peut le faire de deux manières. Il y a ceux s’en réjouissent : c’est la preuve, disent-ils de la vitalité des start-up françaises dans la santé, en l’occurrence la médecine nucléaire moléculaire. C’est tellement vrai que voilà à peine une semaine, une autre petite société, Vexim, spécialisée dans les implants vertébraux, se faisait racheter par un autre géant, de l’orthopédie cette fois, le groupe américain Stryker. Si ces groupes à la renommée mondiale mettent la main sur des start-up hexagonales, n’est-ce pas la preuve qu’elles sont convoitées pour leur savoir-faire et leur capacité d’innovation ? Tant mieux disent-ils !

A quoi les sceptiques répondent : c’est autant de compétences qui partent à l’étranger parce que ces petites sociétés, elles ne parviennent pas à trouver les financements nécessaires pour leur développement en France. Elles ont bien réussi à démarrer, à se faire un nom, à percer dans leur secteur, mais passé la phase de réalisation, elles ont du mal à grandir.

Mais qu’est-ce qui les empêche de grandir ?

Le montant des financements tout simplement. il faut pouvoir passer de de la dizaine de millions d’euros à la centaine, et là tout se complique. Le marché boursier n’étant pas suffisamment orienté vers les jeunes entreprises innovantes, et les banques jouant la prudence, beaucoup d'entrepreneurs se tournent vers l’étranger où le capital risque peut mobiliser des sommes considérables. Ou alors accepter la main tendue d’un groupe, le plus souvent suisse ou américain, qui soit prêt à acheter pour un bon prix une société qui a du potentiel, en un mot de l’avenir. C’est de plus en plus le cas avec la multiplication des acquisitions et c'est ce que vient de faire Novartis en achetant la pépite française AAA pour plus de 3 milliards d'euros.... Ce marché, il se chiffre donc en milliards d’euros et même en dizaines de milliards... Rien que pour le secteur le plus novateur, celui de l’e-santé avec ses applications digitales, de la chaussure connectée aux dispositifs de détection sanitaire ou de surveillance médicale, on voit qu'il est en progression rapide à un rythme de 4 à 7 % par an. A l'évidence, c'est un marché porteur.

Un marché où des groupes français font aussi des acquisitions !

C'est comme cela qu’un groupe français de taille moyenne, comme Eurofins, spécialisé dans les analyses bio-médicales, réalise une vingtaine d’acquisitions par an, mais avec une approche qui est autre : le groupe génère aussi des start-up en interne. Il le fait en dotant des candidats créateurs d’un capital de 2 à 5 millions d'euros. De quoi assurer l’amorçage et le décollage. C'est une autre démarche qui démontre qu’il n’y a pas un mais plusieurs modes opératoires pour s’installer, concevoir, se développer et grandir dans ce secteur fortement stratégique et capitalistique qu’est la santé. A la condition de pouvoir accéder à un capital suffisant.

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