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Brexit: l'épreuve de force se rapproche entre l'Union européenne et le Royaume Uni

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Michel Barnier somme Theresa May de "faire un choix" alors que les perspectives économiques s'assombrissent.

L’épreuve de force semble à deux doigts d’être engagée entre le Royaume Uni et l’Union européenne. Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE presse le gouvernement britannique de "faire un choix" sur sa future relation avec les Européens. Ce choix  va être d’autant plus difficile que les projections économiques ne sont pas encourageantes pour Theresa May. 

C’est un rapport interne au gouvernement britannique d’ailleurs qui vient compliquer un peu plus la situation du Royaume Uni...Rapport qui devait rester confidentiel mais qu’un site, Buzzfeed News a étalé au grand jour. Il montre que les Britanniques, en prenant congé de l’Europe, vont de toute façon subir un ralentissement de leur croissance. Quand bien même ils resteraient dans le marché unique, ils perdraient 2 % de croissance sur les 15 prochaines années. L’équivalent d’une année de perdue. En revanche, dans l’hypothèse d’un Brexit sec avec Bruxelles, c’est-à-dire une sortie sans accord, ce serait alors une chute de 8 % de croissance qui en résulterait. Autant dire qu’alors ce serait douloureux. Entre les deux, il y a le scénario de la  signature d’un accord global de libre-échange avec l’Union européenne. Eh bien, ça ne donnerait pas un coup de fouet à son économie mais apporterait un coup de froid avec un recul de 5% sur les prochaines années. Comme c’est la perspective qui semble la plus probable en l’état, on voit que, au prochain tournant du Brexit, le pessimisme risque de monter d’un cran. 

Une batterie de prévisions n’établit pas des certitudes absolues sur les rythmes de croissance d’ici 2030, mais les signes de refroidissement économique sont là.

Bien sûr et c’est pourquoi ce rapport est lui-même fortement contesté. Pour autant, il est un chiffre révélateur de la menace de refroidissement du moteur britannique : c’est la chute des investissements dans l’automobile britannique qui vient de se produire. D’un tiers en 2017. Ennuyeux cette chute sur un marché qui emploie près de 170 000 salariés à la fabrication et quatre fois plus avec les emplois de sous-traitance et ceux qui sont induits. En tout cas, c’est un  signe que les consommateurs outre-Manche sont hésitants. Voilà pourquoi d’ailleurs le patronat britannique presse lui aussi Londres et Bruxelles de clarifier au plus vite la situation

Mais comment accélérer des négociations sans perspectives favorables ? 

C’est bien le dilemme auquel sont confrontée les dirigeants britanniques…Chaque jour qui passe fait grimper imperceptiblement le degré de pessimisme, sans apporter la moindre éclaircie. Et avec cela, il y a toute une génération, celle des jeunes britanniques qui voit majoritairement son salut hors du Royaume Uni. Une majorité est convaincue que la situation économique va se dégrader outre-Manche…Le tiers de ces jeunes redoutant les effets du Brexit, regarde ailleurs…Pour l’essentiel en direction des Etats-Unis et des pays anglophones, d'après un sondage de la société Censuswide. Fort peu vers la France… Ils s’éloignent de l’Europe comme quelque 2300 universitaires européens viennent de s’éloigner du Royaume Unis en quittant  les universités britanniques l’année dernière, à quoi il faut ajouter une chute de 5 % des inscriptions à la rentrée précédente. Il s'agit d'une désaffection  qui risque de se payer par des déficits de personnels qualifiés dans les prochaines années. Et voilà un problème de plus pour l’économie britannique.

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