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L'acier et ses laminoirs, un étalon de la puissance industrielle.

Quel avenir pour le groupe Ascometal ?

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Le groupe sidérurgique, ex filiale d'Usinor, a subi la concurrence des produits chinois.

L'acier et ses laminoirs, un étalon de la puissance industrielle.
L'acier et ses laminoirs, un étalon de la puissance industrielle. Crédits : Pascal Brocard - Maxppp

C’est un nouvel épisode de la politique industrielle qui est en train de se jouer  en ce moment avec les incertitudes qui pèsent sur l’avenir d’une importante société sidérurgique : Ascometal, une des filiales de l'ex-groupe sidérurgique Usinor. Le sort de quelques 1500 salariés en dépend, et la concurrence de l’acier chinois y est pour quelque chose. Quel va  être  l’avenir de ce groupe spécialisé dans les aciers longs. Un groupe aujourd’hui à vendre au terme d’une série de tribulations qui fait qu’en une quinzaine d’années, les salariés ont vu passer quatre dirigeants qui promettaient de rebâtir un établissement solide sur une stratégie industrielle. Repris par un homme d’affaire italien en lien avec l’oligarchie russe pour tomber quelques années plus tard entre les mains d’un fond américain, Apollo, qui le grèvera de dettes, avant qu’un consortium d’actionnaires français et anglo-saxons essaie de le sauver aux cotés d’un ancien directeur de cabinet de Matignon. Peine perdue, malgré le soutien d’Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif.  Au final, une succession d’épisodes malheureux au bout duquel Ascometal s’est retrouvé en redressement judiciaire.

L’Etat n’est jamais resté inactif ! Et pour cause, la sidérurgie est un secteur clé pour l’économie d'un pays.

On pense tout de suite à l’automobile, à l’aéronautique. L’Etat  a bien essayé de le sauver, et il essaie encore. Il a mis au pot la somme de 35 millions d’euros sous forme de prêt et tenté de trouver une alliance avec un groupe brésilien, mais sans succès. Quant aux régions concernées par les sites d’Ascometal, elles sont elles aussi venues à la rescousse. Et pour cause, Ascometal, ce sont notamment des aciéries à Hagondange, Dunkerque et Fos-sur-mer.

Pour quelle raison le groupe  n’a-t-il pas réussi à rebondir ? 

L’une des causes, c’est qu’il  a fait les frais de la baisse des commandes de l’industrie pétrolière avec l’effondrement brutal des prix en 2014 : c’était l’activité la plus rentable du groupe. Pour qu’il s’en sorte, encore aurait- il  fallu que les industriels de l’automobile lui confient davantage de commandes, mais eux-mêmes en quête d’économies ont préféré se diversifier, autrement dit faire jouer la concurrence. Avec les offres des sidérurgistes qu’ils soient russes et surtout chinois, ils  avaient le choix. La Chine qui produit le tiers de l’acier dans le monde ! Et c’est ainsi que le groupe Ascometal a vu décliner son chiffre d’affaires qui a  fondu de presque moitié. 

Et aujourd’hui  que reste t-il comme perspective ? 

Celle d’une probable redistribution des cartes en ne conservant qu’une partie des sites, au risque de fermer des aciéries. A l’image de ses concurrents, Ascometal pourrait ne conserver qu’une aciérie : la plus moderne, qui serait suffisante compte tenu des surcapacités industrielles du secteur. Du moins est-ce l’approche patronale. Du point de vue des syndicats il n’y a pas surcapacités tant qu’il y a de la demande. Mais à quel prix ? C’est la question de la rentabilité qui est posée. Où l'on saisit mieux les limites de la politique industrielle dans un environnement aussi concurrentiel.

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