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Les Européens  distancés par les Chinois, les Coréens et les Japonais sur sur le marché des batteries électriques.

Est-il encore temps de construire un airbus des batteries électriques ?

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La Commission européenne encourage la constitution d'un consortium des constructeurs européens.

Les Européens  distancés par les Chinois, les Coréens et les Japonais sur sur le marché des batteries électriques.
Les Européens distancés par les Chinois, les Coréens et les Japonais sur sur le marché des batteries électriques. Crédits : Marc Ollivier - Maxppp

La famille des airbus pourrait s’agrandir grâce à une politique de coopérations européenne autour des batteries électriques: c’est un projet de la Commission européenne qui va réunir à Bruxelles aujourd’hui des représentants de l’industrie automobile et des équipements électriques. C’est un marché prometteur qui se profile. Il suffit de jeter un regard sur ce que représentait voilà seulement trois ou quatre ans le marché des batteries électriques : quelques 2 à 300 millions de dollars, et voilà qu’il approche les 20 milliards ! C’est dire la vitesse à laquelle il évolue. En fait il devrait exploser ! Seulement voilà, qui aujourd’hui tient la position dominante ? les groupes chinois, japonais, coréens…Des groupes qui ont pris pied en Europe, singulièrement intéressés par des implantations en direction de l’Est, en Hongrie, en Pologne, là où la main d’œuvre est moins chère.

Mais où sont les constructeurs européens ? Eux ont surtout parié sur le développement de l’hybride. Hormis Renault qui a une belle longueur d’avance, et Bolloré à une moindre échelle, Ils ne se sont vraiment investis dans l’électrique que depuis le scandale des moteurs truqués de Volkswagen. Le changement de cap est donc très récent ! Et c’est maintenant que les mêmes constructeurs sont prêts à dépenser des milliards d’euros sur l’équipement électrique : C’est ainsi que Mercedes a annoncé une enveloppe d’une dizaine de milliards en direction d’une poignée de nouveaux modèles à l’horizon 2025.

CD : Et dans les investissements d’avenir, le poste de fabrication de batteries est stratégique ? A elle seule la batterie électrique représente de 50 à 60 % du prix d’un véhicule. On parle en moyenne bien sûr, et les prix devraient baisser fortement avec les innovations. Mais c’est encore un coût considérable aujourd’hui. Le défi de l’heure, c’est déjà d’améliorer les performances de ces batteries tout en réduisant leur poids et leur taille, et en augmentant leur durée de vie. A quoi s’ajoute l’ultime défi, peut-être le plus difficile pour les Européens : réussir à fabriquer des batteries tout en faisant baisser les prix !

A quoi des experts répondent qu’il faut pour ce faire des usines géantes afin de réaliser des économies d’échelle, à l’image du constructeur californien Tesla qui a monté ce type d’usine dans le Nevada avec le groupe Panasonic.

Dès lors qu’on sait que plus de la moitié du parc automobile pourrait être électrique d’ici 2040, on comprend que, pour les constructeurs européens, il n’y a pas de temps à perdre. S’associer, oui mais avec qui ? Du reste ils le pratiquent déjà : c’est le cas de Renault et de PSA, mais avec des entreprises étrangères. Ce sont donc de nouvelles alliances qui pourraient naître. Coopérer entre européens, oui, mais avec quelles incitations financières et fiscales pour faire face à la concurrence mondiale ?

Les industriels n’attendent pas seulement de la Commission européenne des appels à travailler ensemble. Ils demanderont aussi des engagements de l’Europe, un régime de subventions, comme le font les Chinois. De là à déboucher sur une forme de patriotisme industriel européen, on en est pas encore là !

Jean-Marc Chardon

Intervenants
  • Journaliste économique, chef du service économie de la rédaction de France Culture
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