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Jerome Powell, nouveau président de la FED, veut poursuivre la stratégie monétaire de Janet Yellen.

Les marchés rassurés par le nouveau président de la FED

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Jerome Powell confirme le choix de la continuité monétaire.

Jerome Powell, nouveau président de la FED, veut poursuivre la stratégie monétaire de Janet Yellen.
Jerome Powell, nouveau président de la FED, veut poursuivre la stratégie monétaire de Janet Yellen. Crédits : Michael Reynolds - Maxppp

A peine nommé le nouveau président de la banque centrale américaine, Jerome Powell,  laisse entrevoir une prochaine remontée des taux d’intérêt. Il fait le choix de la continuité avec Janet Yellen qui lui a précédé à ce poste.  Un choix qui n’était pas  évident quand bien même il était devenu de plus en plus probable. Jerome Powell, qui était auparavant l’un des sept membres de la banque centrale, avait accompagné la politique de Janet Yellen. Lui le républicain à la réputation de modéré, elle, la démocrate nommée par Barack Obama. On n’avait pas perçu d’anicroches entre eux. En revanche, la défiance que Donald Trump avait manifesté envers la patronne de la FED, cette défiance, marquée publiquement,  alors même qu’il n’était encore que candidat , aurait pu se traduire autrement. Et finalement, d’une hostilité verbale, Trump s’est ravisé au fil des mois, trouvant même de grandes qualités à celle qui a mené la politique monétaire pendant quatre ans.

C’est elle qui , en décembre 2015, a décidé d’engager une remontée des taux d’intérêt américains, mettant fin à un cycle de diminution au lendemain de la crise financière de 2008...Et de la faire progressivement: c’est un pari qui n’était pas gagné d’avance.  Pourquoi ? Parce que, après plusieurs années de baisse, faire  remonter les taux, ça aurait pu aussi gripper la machine économique américaine, qui était en phase de reprise. La crainte  de voir des réactions désordonnées sur les marchés planait sur les places boursières. 

Le fait que Janet Yellen ait dosé ses interventions , procédant à une remontée par pallie a rassuré, et pas seulement les Etats-Unis.

Au-delà, c’est la planète financière qui entre en résonance : qui dit politique monétaire, dit dollar, la monnaie toujours la plus échangée au monde. Celle avec laquelle de nombreux pays émergents ont souscrit des emprunts. Que la remontée soit brutale et ça peut entraîner des chocs qui se répercutent sur les marchés internationaux, les matières premières, les fonds de pension, le commerce mondial. Et ce  scénario, il n'était pas exclu, il avait déjà eu lieu. Il n’était pas question de le reproduire.

Il n’empêche que la première préoccupation de la banque centrale est la défense des intérêts américains, c’est tout le problème, aujourd’hui. D’un côté un président qui se targue de donner plus d’énergie à l’économie fédérale en annonçant une réforme fiscale sans cesse différée. Mais une réforme de baisse d’impôts qui ne peut être déconnectée avec la politique monétaire qui est sensée être indépendante.  Les deux politiques ne peuvent s’ignorer l’une l’autre; il y a nécessité de les coordonner. Et cela veut dire  que de la maison blanche à la banque centrale on doit se retrouver sur les grands choix de politique économique. Et avec quels leviers : un peu d’inflation mais pas plus de 2 %, des hausses de salaires qui soient pondérées, un taux de chômage sous surveillance…Avec un républicain modéré à la banque centrale, c’est un atout pour Donald Trump. Maintenant, les prochaines décisions montreront si le tandem est bien articulé pour faire face à tout, y compris à l’imprévisible.

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