LE DIRECT
Sofia assure la présidence tournante de l'Union européenne sous le coup de suspicions sur la corruption.

La Bulgarie fragilisée par les accusations de corruption

3 min
À retrouver dans l'émission

Au moment où elle prend la présidence de l'Union européenne, la Bulgarie peine à réformer ses institutions.

Sofia assure la présidence tournante de l'Union européenne sous le coup de suspicions sur la corruption.
Sofia assure la présidence tournante de l'Union européenne sous le coup de suspicions sur la corruption. Crédits : Dimitar Dilkoff - AFP

La Bulgarie vient à peine de prendre la présidence tournante de l’Union européenne que des voix discordantes se font entendre. Au centre du désaccord : une loi anti-corruption que rejette le Président Roumen Radev, mais qui  est réclamée par l’Union européenne. Une affaire embarrassante pour Sofia, et pour ceux qui en doutaient, c’est comme le retour des vieux démons qui agitent ce pays qui a rejoint l’Union européenne depuis dix ans. 

Ce qui rappelle que la Bulgarie a les plus grandes difficultés à se défaire d’accusations de connivence avec des groupes mafieux. 

Et c’est tellement vrai que ce pays était à peine en procédure de pré-adhésion en Europe, voilà une dizaine d’années, que déjà les soupçons s'accumulaient vers ses dirigeants. Ils avaient d’ailleurs été convoqués à Bruxelles par le commissaire européen qui refusait de verser une ligne de crédits de 220 millions correspondant à des fonds structurels européens. Motif avancé : l’insuffisance des engagements de Sofia pour réformer ses institutions afin de lutter contre la corruption.

La Bulgarie est toujours pointé par l’organisation Transparency International pour la pratique de pots de vins à grande échelle. 

L’obtention de ces fonds européens est pourtant vitale pour ce pays qui est le plus pauvre de l’Union européenne.

C'est le cas avec un revenu par habitant en-dessous de 6000 euros, dans une économie qui demeure très agricole, fort inégalitaire entre la ville et la campagne. Pour ses habitants, les fonds européens sont devenus incontournables : ça représente près du cinquième du revenu  des ménages. Important pour l’emploi, les infrastructures à réaliser, mais dans une transparence toute relative après des réformes qui ont privatisé des pans entiers de l’économie : c’est ainsi que les factures d’électricité ont bondi il y a quelques années mettant les gens dans la rue pendant des semaines. Ce qu’on a appelé "le printemps bulgare". Et que, peu après c’est le système bancaire qui a failli lâcher, des banques se sont retrouvées à court de liquidités sans cause avérée, tout cela  à défaut d'une véritable supervision bancaire. 

Mais depuis, Sofia a multiplié les signes de bonne volonté et de coopération avec les règlements européens.

Oui mais sans briser la défiance de Bruxelles qui attend plus de transparence. Au-delà, c’est la position géographique de la Bulgarie qui en fait un état écartelé entre Moscou qui le tient économiquement sous sa dépendance  par les fournitures de gaz, l’Allemagne, son premier client, et la proximité de la Turquie. Un état qui prend la présidence de l’Union européenne mais sans être dans l’espace Schengen et sans disposer de l’euro. Situation a priori bancale au moment où le calendrier européen, lui,  ne cesse de s’alourdir avec notamment le volet financier du Brexit, les réformes bancaires, le dossier migration et les travailleurs détachés.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......