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Le Billet économique par Annabelle Grelier

4 min
À retrouver dans l'émission

La Première ministre britannique Theresa May va s'adresser aujourd'hui à la chambre des Communes, un discours très attendu à l'approche de l'échéance butoir pour déclencher le Brexit...et le plus dur commence !

Theresa May a désormais les mains libres pour activer l'article 50 du traité de Lisbonne , depuis quelques jours la rumeur laissait entendre qu'elle profiterait de sa déclaration devant les députés pour annoncer le grand saut mais son porte parole hier a refroidi les attentes en annonçant que le premier ministre attendrait vraisemblablement la fin du mois , date butoir qu'elle s'était donnée.

La décision pourrait être perçu comme un recul ou une dernière hésitation , non rien de tout ça a priori , juste quelques précautions de calendrier. Selon des sources gouvernementales , la Grande Bretagne ne souhaiterait pas que l'annonce officielle de sa sortie de l'Europe n'interfère d'une part avec les élections aux Pays Bas cette semaine et d'autre part Bruxelles aurait demandé à Londres de ne rien annoncer avant le 25 mars , date des célébrations du 60ème anniversaire du traité de Rome , ce qui en en effet ternirait un peu la fête. Cependant l'annonce hier matin par la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon de son intention d'organiser un nouveau référendum d'indépendance fin 2018 ou début 2019 n'est sans doute pas étrangère à ce report.

Le Brexit , c'est maintenant ?

Les discussions ne commenceront sans doute pas avant deux mois, le temps que la Commission Européenne mette au point son plan détaillé de négociations. Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, le Français Michel Barnier, a souligné qu'un accord devait être trouvé avant octobre 2018, pour que la procédure soit achevée dans les temps. Cela ne laisse pas plus de 15 ou 16 mois de discussion....des négociations qui pourtant selon de plus en plus d'expert devraient au moins prendre une dizaine d'années !! oui une dizaine d'années pour renégocier des dizaines d'accord de libre échange et c'est au mieux un accord cadre qui pourra être négocier dans le temps imparti. Un divorce qui va sans doute prendre beaucoup de temps , d'autant que les rapports entre les deux parties seront sereins. Parmi les sujets brûlants, outre l'avenir de l'Écosse, figurera notamment la facture de la sortie de l'UE : Bruxelles pourrait exiger des Britanniques jusqu'à 60 milliards d'euros, un montant correspondant aux engagements déjà

pris par Londres en termes de contribution au budget européen courant jusqu'à 2020. Un récent rapport des Lords a fait valoir que le pays n'était pas légalement obligé de régler la facture une fois sorti du club mais une telle position reviendrait à une déclaration de guerre avec l'union européenne. Et puis il faudra également trancher au plus vite le sort des Européens installés outre-Manche. Theresa May refuse pour l'heure de garantir leurs droits avant d'avoir obtenu des assurances similaires pour les 1,2 million de Britanniques vivant dans l'UE.

L'économie résistera t-elle ?

L' économie ne faiblit quasiment pas pour l'instant, contrairement aux scénarios catastrophes qui avaient germé au moment du vote. Le Royaume-Uni bénéficie en effet d'une solide consommation des ménages depuis quelques mois - malgré la montée d'une inflation indirectement provoquée par la chute de la livre sterling depuis le référendum. La croissance s'est maintenue , le chômage est au plus bas , les indicateurs macro économiques sont dans le vert mais à vrai dire depuis le mois de juin , il ne s'est concrètement rien passé !!! C'est maintenant et dans ces années de négociations que les choses vont se jouer. L'incertitude est de mise et l'incertitude , on ne le vous dira jamais assez , les marchés détestent ça !!! Les entreprises aussi car que vont faire les entreprises de la City qui vendent leurs produits partout en Europe , que vont devenir les programmes scientifiques financés par l'Europe , les agriculteurs bref toutes les relations futures quelles soient commerciales ou judiciaires sont à réinventer , d'où l'idée d'un accord de transition qui pourraient prendre de longues années. Le gouvernement britannique a récemment présenté un budget économe pour l'année à venir avec quelques nouveau tours de vis dans la dépense publique , histoire de nous donner une marge de manœuvre qui va constituer "une réserve de carburant pour un long voyage", a déclaré un porte-parole du Trésor.

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